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Chris s'apprêtait à sortir de sa chambre, quand une sonnerie de portable brisa le silence ambiant. Apparemment il n'était pas seul dans l'appartement. Entrebâillant doucement la porte, il aperçut Adelphe, le téléphone contre l'oreille, l'air crispé et irrité.

-Merci... Non je... je n'ai rien trouvé... Je sais je sais ! Je rentre dans une semaine comme prévu oui... Je sais que je suis sur la bonne voie... Oui je sais qu'il ne me reste que cette possibilité... Je suis allée faire des recherches au centre de Berlin pour savoir si je pouvais trouver des familles ayant des enfants portés disparus depuis le 11 septembre 2001, mais rien... Je n'existe pas... NON ! Je ne suis pas Adelphe Newbirth, ce personnage n'a JAMAIS existé ! Je veux savoir QUI je suis VRAIMENT ! Tu peux comprendre ça ?... Oui c'est ça... Ouais, au revoir "papa", je te rappellerai quand je prendrais mon avion.

La conversation tumultueuse s'arrête à ces mots froids. Chris resta silencieux, bénissant sa mère d'être d'origine de San Francisco, ce qui lui permettait une compréhension quasi-totale et parfaite de l'anglais. Alors qu'il s'apprêtait à refermer la porte de sa chambre, celle ci s'ouvrit en grand, laissant apparaître Adelphe, le regard froid et tranchant.

-Tu écoutais ?

Chris hocha doucement la tête, ne se sentant pas de mentir devant ce regard si inattendu de la part d'Adelphe qui s'était toujours montré très attentif et agréable. Le mannequin l'attrapa par le col et le plaqua contre le mur avec une violence et une force insoupçonnées à cause de sa carrure si fragile d'apparence. Alors que son visage n'était qu'à quelques centimètres de celui du styliste, Adelphe reprit la parole :

-Oublie tout ce que tu as entendu. Si ce que tu as entendu se sait par les médias, je peux t'assurer que je ruinerai ta vie et tes possibilités de carrière à néant. Me suis-je bien fait comprendre ?

Le blond, qui ne s'était jamais retrouvé dans une telle situation de faiblesse, ne put que couiner un petit oui, priant pour que le modèle le lâche dans les secondes qui suivraient, sinon il ne donnait pas cher de son espérance de vie qui diminuait à vue d'½il alors qu'il avait du mal à reprendre son souffle.

Satisfait, le brun le lâcha, le laissant s'affaler au sol pour reprendre une respiration plus régulière, avant de quitter la pièce, le son des talons de ses santiags claquant sur le sol.

[...]

Jessica se glissa en silence dans la chambre de son frère, un petit sourire aux lèvres. Avançant félinement vers le lit, elle y vit son aîné allongé, fixant le plafond d'un ½il vide. Etonnée de cette attitude, elle cessa son petit jeu et s'assit simplement à côté du blond.

-Chris ?

Il ne répondit pas avec des mots, mais son expression changea ce qui permit à Jess de savoir qu'elle avait toute son attention. Rarement la jeune étudiante avait eu l'occasion de voir son frère dans cet état.

-Qu'est-ce qui se passe ? Papa a appelé ?

-Non rien à voir...


D'ailleurs, les seules fois où il avait été dans un état pareil, c'était après avoir vu leur père ou lui avoir parlé... C'était rare, très rare, mais souvent très houleux. Leur père les détestait... parce qu'il savait certaines choses qui ne lui plaisait aucunement. Jessica refusait toujours de lui parler, ses mots étaient tellement durs lorsqu'il lui adressait la parole tandis que Chris restait toujours en apparence d'un calme olympien au téléphone, alors que tout en lui bouillonnait et il laissa sa colère éclater au grand jour uniquement lorsqu'il raccrochait.

-Peut être que j'aurai préféré en fait...

-Raconte.

-Qu'est-ce que tu penses d'Adelphe ?


Elle sursauta, étonnée par la réponse. Ou plutôt la question. Etrange question d'ailleurs. Pourquoi Adelphe ? Etait-il réellement ce qui perturbait tant Chris, ou juste un prétexte pour détourner la question.
Cependant, quelle que soit la raison pour laquelle il abordait ce sujet, elle mit de côté toutes ses interrogations pour répondre sincèrement à son frère.

-Eh bien, je l'apprécie beaucoup... Il a beaucoup de points sombres que j'ai réussi à comprendre, mais pas tous... Il a l'air d'avoir vécu des choses très dures dans sa vie, notamment les attentats.... Il a l'air tellement perdu...

-Hmm...


L'interruption de Chris la surprit en pleine explication. Jamais il ne faisait ça, jamais il ne lui coupait la parole. Soucieuse, elle s'allongea doucement sur son frère, la tête reposant sur son torse, laissant balader ses mains sur son cou et sa nuque... étrangement rouges. Brusquement, elle se redressa et déboutonna la chemise de son frère, laissant apparaître des traces violacées, comme si quelqu'un avait essayé de l'étrangler ou plutôt de l'étouffer en le soulevant par le col.

-Chris ! Qui t'as fait ça ?

-Adelphe...

-Quoi ?


Choquée, elle secoua son frère, cherchant à lui redonner un peu d'énergie, pour qu'il lui explique son délire. Jamais elle n'imaginerait Adelphe, le doux Adelphe faire ça. Mais jamais son frère ne lui mentirait...

-Pourquoi ?! Que s'est-t-il passé ?!

-Laisse-moi !!


Il la repoussa violemment, comme jamais il ne l'avait fait. Les larmes aux yeux, elle le regarda, pétrifiée par cette réaction si inhabituelle. Secouant la tête, elle se dirigea vers la porte, et avant de sortir, elle déclara simplement :

-Je croyais qu'on était seul contre le monde et qu'on ne pouvait compter que l'un sur l'autre. Mais apparemment tu as décidé que tu serais seul.

Et elle partit en claquant fortement la porte alors qu'il était près d'une heure du matin.

[...]

Adelphe sursauta en entendant une porte claquer. Curieux, il se leva de son lit et sortit de sa chambre. Dans le salon plongé dans le noir, Jess se tenait debout, les mains à plat sur le meuble près de l'entrée, la tête baissée, les épaules tremblantes. Adelphe s'approcha d'elle doucement, silencieusement, pour ne pas lui faire peur en faisant trop de bruit. Lorsqu'il fut proche d'elle, il posa sa main sur son épaule d'un geste de soutien, et lui demanda si tout allait bien.
Relevant la tête, Adelphe vit à travers les larmes de la jeune femme un regard noir et meurtrier qu'elle lui adressait. Etonnée de cette réaction si agressive, il enleva rapidement sa main, attendant les représailles, les reproches qu'elle semblait avoir contre lui.

-Qu'as-tu fais à mon frère ?! chuchota-t-elle rageusement, ayant tout de même à l'esprit qu'il était fort tard, et que réveiller Tom à cette heure là était plus que suicidaire.

-Rien, strictement rien ! déclara-t-il en prenant un air faussement surpris.

Elle eut un doute devant l'air purement innocent du mannequin, y croyant presque, mais toutes ces années à côtoyer Tom qui avait les mêmes expressions qu'Adelphe lui avaient appris beaucoup de choses, et à cette instant, elle savait qu'il mentait purement et simplement. Les jumeaux étaient tout deux d'excellents menteurs.

-Ne mens pas Adelphe, pas avec moi. Je te faisais confiance, je pensais que c'était un minimum réciproque, même si on ne se côtoie pas depuis le jardin d'enfants.

-Sache...
commença-t-il en se penchant à l'oreille de la blonde, que je n'ai confiance en personne. Même pas en moi-même.

-Oui je me doute, il paraît que c'est un symptôme relativement normal chez les gens qui perdent la mémoire au cours d'un accident,
répliqua-t-elle sarcastiquement, essayant de ne pas frissonner face au ton froid de son "ami".

Celui-ci se tut, fixant Jessica d'un air indescriptible que la jeune enquêteuse en herbe n'aurait su expliquer correctement.

-C'est ton frère qui t'a tout dit ?

-Non je l'ai deviné moi-même après quelques recherches... Mais... pourquoi mon frère, je ne lui ai rien dit, il n'est pas... Oh !


Elle venait de comprendre. Sans doute son frère avait un peu trop fouillé de son côté ou trop écouté aux portes, ce qu'Adelphe avait découvert, d'où les marques sur le cou de son aîné. Furieuse, Jessica, comme dans un réflexe, assena une puissante gifle au mannequin, qui, ne s'y attendant pas, recula de quelques pas sous le coup.

-C'est donc toi qui a fait ça à mon frère ?! De quoi l'as-tu donc menacé pour qu'il ne m'explique rien ? Je te croyais beaucoup moins violent que cela Adelphe, je suis extrêmement déçue ! Le dialogue tu connais ? Mon frère n'aurait rien dit, si ce n'est peut être à moi, tu n'avais pas besoin de sortir tes muscles de ballerine pour le faire taire !

-La preuve que ça a servie, il ne t'a rien dit.

-En même temps, qu'il me le dise ou pas, je l'aurai deviné ou je lui aurai fait craché le morceau un jour ou l'autre. Nous sommes frères et s½urs, et bien plus liés que tu ne le crois, nous partageons tout.

-C'est sûr que partager le lit de son frère et coucher avec c'est un magnifique lien de famille !
cracha Adelphe avec dégoût

-Abruti... Tu n'es qu'un pauvre con fermé d'esprit en fait... Moi qui te pensais plus intelligent que cela...

-Entre Tom qui baise en pensant à son jumeau mort, magnifique image bien glauque, et vous deux qui baisez comme des chiens alors que vous êtes frères et s½urs, je suis servie dans l'ignoble et l'impensable dans cette école !

-Tu es... ignoble Adelphe...

-Peut être, mais je suis réaliste. Et vos parents, ils apprécient ça, que leurs enfants n'auront que des enfants débiles et mal formés à cause d'inceste ? A moins qu'ils ne soient pas au courant bien entendu.

-Ca ne te regarde pas, tais toi ! Et si tu étais un peu plus cultivé pauvre con, tu saurais qu'il faut des générations entières incestueuses pour que ça provoque des dégénérescences du sang.

-Cette saloperie doit être contagieuse. Je ne préfère même plus vous approcher, on ne sait jamais.

-Ah oui ?!! Et bien pourtant ça n'a pas l'air de te rebuter tant que ça vu que tu n'as qu'une envie, c'est de foutre de nouveau Tom dans ton lit !

-On se contente de ce qu'il y a.

-Pourtant tu m'as l'air bien accroché.


Adelphe ne trouva plus de mot pour répondre à cela, vu qu'il savait qu'elle avait un peu raison. Bien qu'au départ, Tom ne soit qu'un plan cul comme un autre, il s'était accroché à ce petit blond triste et sombre depuis quelques temps... Et ça n'allait pas s'arranger avec le départ à New York...

-Si un jour tu trouves ton identité Adelphe, pense bien à toutes les horreurs que tu m'auras dites... Penses-y bien... Sinon je viendrais te les rappeler avec plaisir... murmura-t-elle avec colère avant de le pousser en dehors de l'entrée pour partir en claquant la porte, le laissant songeur, et perplexe face aux paroles de la blonde...



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# Posté le lundi 11 août 2008 11:04

Modifié le mardi 12 août 2008 12:09

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-Bon c'est pas que c'est désagréable d'avoir un peu de silence pour une fois, mais là, ça devient un peu pesant, vous ne trouvez pas ? grogna Tom avant de manger sa fourchette de pâtes à l'huile d'olive préparées par Jessica.

Le silence s'en fit d'autant plus pesant. Adelphe jouait avec ses pâtes, n'en ayant manger qu'une seule depuis le début du repas, Jess fixait son assiette comme si elle espérait les voir disparaître d'elles-mêmes, et Chris regardait avec fascination le vase de fleurs fanées poser sur le meuble de l'entrée.
Tom soupira. Certes, il adorait le silence, mais là personne ne s'adressait la parole, tous la tête dans leur assiette. Non seulement Jessica et Chris ne se regardaient même plus depuis ce matin, mais en plus, Adelphe n'adressait plus un seul mot aux deux blonds. Et entre eux trois, il y avait Tom qui ne comprenait rien à la situation actuelle.

-Si je dérange faut le dire... Je participerai bien à votre jeu de celui qui parle le moins possible, mais le niveau est trop élevé là, à vous trois je suis sûr de perdre.

-Tom, ta gueule.


Le photographe lâcha sa fourchette sous le coup de la surprise. C'était le monde à l'envers aujourd'hui, ou la quatrième dimension au choix ! Jamais Ô grand jamais, Chris ne lui avait dit de se taire -surtout aussi vulgairement-, c'était plutôt le contraire en règle générale.

-Pardon ?

-Chris, tu n'es qu'un pauvre con, Tom t'as rien demandé et toi tu l'insultes, c'est plutôt toi qui devrais fermer ta gueule si c'est pour être aussi désagréable avec ceux qui ne t'ont rien demandé !

-Jessica on ne t'a rien demandé à toi ! Tu t'es prise pour qui ? Ma mère ? D'où est-ce que tu te permets de me parler comme ça sale gamine ?

-Quoi ?! Tu as vu comment tu me parles à moi ? Ne fais pas ton grand frère supérieur, ça ne te va pas, tu n'es rien, tu es peut être plus vieux sur les papiers, mais mentalement on se pose des questions !

-Fermez la vous deux ! Vous vous entendez ? On dirait des poules qui piaillent ou des gamins qui se disputent un jouet, vous êtes ridicules !

-Oh Newbirth on t'a pas demandé ton avis !
hurlèrent en c½ur le frère et la s½ur

Tom se leva brutalement de sa chaise, posa violemment ses couvertes sur la table en bois. Les fusillant chacun du regard, il frappa du poing sur la table.

-STOP ! Mais qu'est-ce qui vous prend à tous aujourd'hui ? J'ai raté un épisode pendant la nuit ? Vous vous comportez vraiment comme des idiots. Désolé mais moi je n'ai pas envie de supporter vos enfantillages une seconde de plus.

Il poussa sa chaise, irrité par ce qu'il se passait, et sortit rapidement de l'appartement. Marchant à grands pas dans le couloir de l'internat, il se dirigea vers la sortie, pour aller vers le grand parc se situant près de l'école.

Se posant sur l'herbe au pied d'un arbre, il soupira, posa sa tête contre le tronc, les yeux regardant le ciel. Tout se compliquait en ce moment, tout se brouillait dans sa tête... Depuis le 11 septembre de cette année, tous ces espoirs s'étaient ravivés...

Flash Back


Leipzig, 11 septembre 2009. Il pleut, très fort, depuis longtemps, et pour longtemps encore. Le cimetière était vide depuis peu. Tom restait debout devant la sépulture de son jumeau, silencieux. Sa mère était repartie dans la voiture en compagnie de Gordon, laissant Tom se recueillir seul quelques temps. Le parapluie était à terre, et les larmes de Tom se mélangeaient à la pluie, passant inaperçues.

Des pas se rapprochèrent et s'arrêtèrent près de lui.

-Tom Kaulitz-Trümper ?

-Laissez-moi...
cracha-t-il froidement, ne supportant pas qu'on puisse le déranger dans un moment pareil

L'inconnu bougea un peu, perturbé par l'agressivité du jeune homme.

-Je... Je dois vous parler de quelque chose d'important.

-Ca ne peut pas attendre ?!
cria Tom en se tournant vers le trentenaire brun, vêtu d'un grand imperméable jaune flashy très kitch d'une marque américaine peu connu, qu'il n'avait jamais vu.

-C'est à propos de votre frère, Bill Kaulitz. Il est porté disparu depuis les attentats du 11 septembre, et il se trouve que nous n'avons rien retrouvé prouvant sa mort. Il est possible qu'il soit encore en vie. Un témoin travaillant pour les pompiers de New York aurait vu un garçon ressemblant à la description de votre frère, à quelques détails près. Je pensais que ça pourrait vous intéresser.

Tom frissonna. Impossible. Ca ne pouvait pas être possible.

-Qui êtes-vous ?

-Un détective privé. J'ai longtemps travaillé avec la police de New York depuis les attentats, et je m'occupais de trier les avis de recherches donnés par les familles lorsqu'on identifiait des ossements ou fragments humains... J'ai vu l'annonce pour votre frère et j'ai fait quelques recherches.

-Comment je pourrais vous faire confiance ?

-Je vous donne les informations que j'ai. J'ai fait le voyage pour informer votre famille, mais je pense que vous étiez le plus apte à entendre ce que j'avais à dire.


Tom ne répondit pas tout de suite, laissant les informations venir à son cerveau totalement embrouillé. Pourquoi lui dire ça aujourd'hui ?

-Et qu'est ce que je peux faire pour être sûr de ce que vous dites ? demanda-t-il pour combler le silence devenu insupportable car il l'obligea à réfléchir à cette possibilité si impropable.

-Si vous avez la possibilité d'aller à New York, n'hésitez pas, c'est là où vous pourrez faire le plus de recherches... Je pourrais vous aider à accéder aux dossiers sur place, mais je ne peux pas reconnaître votre frère pour vous Monsieur Kaulitz.


Il hocha la tête, c'était une évidence. Qui, mieux que lui, pouvait reconnaître Bill, même avec huit ans de plus ? Personne sans doute... Il n'était même pas sûr que lui-même serait capable... capable d'accepter ce qu'il avait toujours espéré. Tout cela lui faisait peur. Trop peur. Pourquoi paniquer maintenant alors qu'il était si proche de son but ? Il ne se comprenait plus. Il avait tellement attendu, des années durant, ce genre de nouvelles, pourquoi hésiter maintenant ?

-Allez à New York c'est le mieux que je puisse vous conseiller. N'ayez pas peur d'être déçu, vous avez aujourd'hui une chance que beaucoup de familles aimeraient avoir.

Trop peur certes, mais aussi trop d'espoir pour passer à côté d'une telle possibilité.

Fin Flash Back.


Tom soupira, sa main courant d'un geste lent et régulier sur l'herbe. Si seulement tout cela s'avérait réel, comment réagirait-il en revoyant Bill ? Serait-il le plus heureux des hommes ? Aimerait-il autant ce nouveau Bill que l'ancien ? Serait-il déçu ? Il ne savait pas, et cet inconnu l'angoissait. Mais maintenant, plus possible de revenir en arrière, il s'était engagé pour aller là-bas, il ne pouvait plus revenir sur ses pas.
Simone et Gordon n'étaient pas au courant. Tom ne voulait pas leur donner de faux espoirs, et il voulait garder ses retrouvailles avec sa moitié pour lui seul, en égoïste. Il préférait leur faire la surprise à son retour plutôt que de rentrer les mains vides, brisant les infimes espérances qu'ils pourraient se faire.
Mais si cela s'avérait faux, ce qui est tout autant probable, Tom ne se relèverait pas de cela, il le savait. Perdre son frère une fois, il avait survécu. Mais le perdre une seconde fois était juste impossible.

D'un coup, il pensa à une chose... Une chose qui lui brisa le c½ur : si son frère était réellement toujours en vie, pourquoi n'était-il pas rentré ? En voulait-il tellement à sa famille de l'avoir laissé partir là bas et vivre sûrement les pires instants de sa vie ? Détestait-il Tom ? Peut-être qu'il voulait tout sauf les revoir...

C'était tellement possible... Sinon, dans la logique, il serait retourné chez lui, à Loitsche, près de son frère brisé qui n'attendait qu'un signe de sa part. Si longtemps le portable de Bill avait sonné dans le vide, montrant qu'il n'était pas encore détruit... sans que personne ne réponde. Peut être que Bill ne voulait pas répondre. Peut être qu'il ne voulait pas que Tom le retrouve... Peut être...

-Tom ?

La porte d'une voiture claqua, tout proche, alors que Tom se retournait afin de savoir qui était l'individu qui l'interpellait.

-Ge... Georg ?!

-Putain vieux ça fait longtemps.


Tom se leva précipitamment et accueillit chaleureusement son vieil ami d'enfance. Depuis que Tom vivait à Berlin, ils ne s'étaient que très peu vu. Juste à chaque onze septembre, sauf celui de cette année où Georg ainsi que Gustav n'avaient pas vu venir. En fait, avec la disparition de Bill, le groupe Devilish qu'ils formaient tous les quatre avait disparu aussi, Tom s'était refermé sur lui-même, perdant de vu ses meilleurs amis, avant de partir à ses dix sept ans pour la capitale allemande.

-Nous aussi on a le droit à un petit bonjour ?

Tom, surprit, vit Gustav posté derrière Georg, et Andreas qui arrivait, s'éloignant de la voiture à vitres teintées de Georg que celui-ci avait eu pour ses 21 ans, avec un grand sourire adressé Tom, son meilleur ami depuis l'enfance.

-Bordel les mecs, vous êtes venus me voir ?

-Oui on a eu un empêchement pour le onze alors on a voulu se rattraper en venant te voir aujourd'hui. On reste quelques jours parce qu'on a réussi à avoir un congé, et vu qu'Andreas voulait te revoir, on l'a embarqué dans la voiture.

-Tu n'as toujours pas ton permis Andi ?
ricana Tom avec un air faussement moqueur, cachant la joie qui le saisissait de revoir ses amis

-Et toi tu n'as toujours pas la Cadillac de tes rêves ? répondit-il du tac au tac

-Je t'appellerai quand je l'aurai, mais ça ne saurait tarder !


Tout le monde explosa de rire devant l'air dédaigneux qu'avait pris Tom, et celui-ci les suivit très rapidement dans leur rire communicatif.

-Ooh je vois que ça s'amuse par ici, grogna une voix désagréable derrière eux.

Ils s'arrêtèrent de rire, se tournant vers le mannequin, Adelphe, qui les regardait avec énervement. Pourquoi ? Ca personne ne le savait, du moins pour le moment.

-Oui "ça s'amuse", mais tu déranges là Newbirth.

-Ooh So sorry.

-Ähm... Tom, tu ne nous présentes pas ? demanda Georg d'une voix blanche

Tom reporta son attention sur ses amis : Andi fixait Adelphe, blanc comme un linge, comme s'il avait vu un fantôme, Gustav semblait se persuader qu'il n'hallucinait pas, et Georg ne pouvait détacher son regard du mannequin, les yeux exorbités.

-Ah, si vous voulez... Newbirth, voici Georg, Gustav et Andreas, mes meilleurs amis. Les gars, voici Adelphe Newbirth, un modèle newyorkais.

Andreas sursauta à ces mots. Newyorkais ? De New York ? Qui parlait allemand ? Qui ressemblait tant à son meilleur ami perdu ? Mais quel diable avait bien pu posséder Tom de traîner avec un sosie quasi parfait de Bill ?!

-Ah charmant, tes campagnards d'amis comptent rester ? Non parce que là on est occupé, les profs te veulent au grand studio pour évaluer ton travail, et on a un voyage à préparer donc ce n'est pas le moment de papillonner à droite et à gauche.

-Newbirth, dégage. Va passer ta mauvaise humeur sur quelqu'un d'autre.


Non. Andreas changea son idée : Tom traînait avec un sosie physique de Bill. Niveau mentalité, rien à voir avec le joyeux petit brun que notre blond platine avait connu dans son enfance. De plus, Adelphe avait une voix très désagréable à entendre, enraillée, tout le contraire de Bill qui avait une douce voix parfaite pour chanter des ballades.

Mais quand même... Cette ressemblance était troublante, et ravivait tous les souvenirs d'Andreas, le rendant nostalgique.

-Bon, Tom je vois qu'on dérange, on se verra peut être ce soir si tu veux sortir avec nous.

-Oui on se voit ce soir... J'suis désolé.

-Pas de soucis, on comprend que tes études te prennent du temps. Et tu nous expliqueras cette histoire de voyage !

-Ok...


Andreas détourna son regard d'Adelphe qui lui faisait de l'½il depuis qu'il avait remarqué ses coups d'½il insistants. Bien plus pâle qu'à l'accoutumé, le blond retourna à la voiture de Georg sans un mot pour son meilleur ami.

Cette rencontre le perturbait.



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# Posté le mardi 12 août 2008 17:53

Modifié le mercredi 13 août 2008 20:07

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-Tu pouvais me laisser avec mes amis non ?

-Ils me regardaient bizarrement.

-On ne te demandait pas de rester.

-On avait des trucs à faire.

-Ca pouvait attendre.

-Mais dis-le merde si j'te dérange ?!

-Y a un peu de ça oui. Je n'ai pas vu mes amis depuis des mois, toi je te vois tous les jours et tu n'es pas un ami.


Adelphe s'arrêta au milieu du couloir, pétrifié par les paroles de Tom. Lui qui se cassait la tête pour approcher Tom, et voilà qu'il se prenait une telle réflexion en pleine face.
BAM ! Un point pour l'ancien calamar photographe.

-Et Chris ? Jessica ?

-Des personnes de confiance.

-Et moi ?

-Un connard de mannequin qui a profité de mon état de faiblesse pour me sauter le jour même de mon anniversaire.

-Bien.


Deux points.

-N'ais-je pas raison ?

-Si dans le fond, il y a un peu de ça. Mais le "connard" on aurait pu éviter.

-Pourtant c'est ce que tu sembles être. A faire ton gentil devant tout le monde, alors qu'au fond tu te fiches pas mal d'eux. Les autres ne sont que des objets pour toi non ? Des moyens pour satisfaire tes désirs et flatter ton égo. Être célèbre doit te conforter là dedans.

-Pour quelqu'un que tu sembles peu apprécier, tu as vite réussi à me cerner.

-Ce n'était pas bien difficile.


Trois points pour Tom. Game Over.
Adelphe frissonna. Il n'avait pas l'habitude d'être percé à jour comme cela, aussi rapidement et aussi facilement. Tom était trop fort... Il était silencieux, ne posait pas de question, donnait l'air de ne pas y toucher, et en fait, il était celui qui en devinait le plus. Ou presque...

-Autant tu as réussi à me connaître, mais tu ne sais même pas la vérité sur tes deux « personnes de confiance ».

-Si je sais qu'ils sont ensembles. Ils ne sont pas vraiment discrets. Leur amour envahit chaque pièce dans laquelle ils se trouvent, c'est insupportable. Quoique, en ce moment c'est plutôt le contraire.

-Et tu restes avec eux ?

-Pourquoi, ça devrait me déranger ?


Adelphe grimaça. Décidément, les gens ici étaient bizarres, ils avaient des idées bien trop libertines, bien trop anormales. Comment pouvait-on accepter CA ? C'était juste... contre nature. Et encore, les mots lui semblaient bien trop faibles pour définir une telle chose.

-Ce n'est pas normal.

-Parce qu'ils sont frères et s½urs ?

-Exactement.

-On ne choisit jamais de qui on tombe amoureux... je suppose.

-L'amour n'existe pas abruti. Ce n'est qu'une fabulation pour justifier nos pulsions sexuelles. L'amour, c'est de la baise, point barre. Désolé mais le rayon "Bisounours, fleurs bleues et papillons roses", ce n'est pas pour moi.

-Si tu le dis.


Un silence s'installa. Merde. Tom n'était pas quelqu'un de facile à cerner. Adelphe avait beau essayer de le contredire, de casser ses jugements, jamais il n'y arrivait pour la simple et bonne raison que Tom ne créait jamais de débat. Il préférait laisser dire, et garder ses opinions pour lui, sachant très bien que ses arguments ne seraient pas recevables auprès des autres. Ce crétin était diablement intelligent et réfléchi. Trop réfléchi même.

-Ce n'est pas amusant de discuter avec toi.

-Ce n'est pas fait pour l'être.

-Tu ne défends jamais tes idées.

-Jamais.

-Quel intérêt d'en avoir alors ?

-Ca me permet de garder les pieds sur terre.


Le ton de Tom fit rapidement comprendre à Adelphe que la conversation s'arrêterait là. Et sûrement qu'elle ne continuerait jamais avec lui. Le mannequin avait l'impression que Tom ne se livrerait jamais et resterai pour toujours une porte en béton armé sans serrure, sans clenche pour l'ouvrir.
Le mystère Kaulitz ne semblait ne jamais se résoudre. Du moins, pas en interrogeant directement le concerné.

Ils arrivèrent enfin devant la porte de l'appartement qui était entrouverte, mais vide.

-Très intelligent d'avoir laissé ouvert Newbirth.

-Je t'emmerde Tom.


Tom ne réagit pas. Frustration pour Adelphe. Décidément, aucun moyen d'avoir un peu d'action avec lui ! Ce mec ne pouvait-il pas deux secondes réagir comme un être humain normal ou était-ce trop demandé ?

-Tiens, on s'appelle par nos prénoms ? Depuis quand ?

-Depuis qu'on se tutoie je suppose.

-Je n'avais pas fait attention.


Le blond haussa les épaules, ne souhaitant pas converser avec Adelphe une minute de plus : déjà rien que la pensée d'aller à New York et d'y rester constamment avec lui pour travailler lui filait la nausée complète.




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# Posté le mercredi 13 août 2008 15:50

Modifié le jeudi 14 août 2008 09:02

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Georg, Gustav et Andreas étaient les seules personnes à réellement détendre Tom. A le faire sourire, même rire. Même si ce n'était jamais totalement sincère. Même s'ils rappelaient constamment à Tom qu'ils avaient connu Bill, qu'ils avaient été amis avec lui, qu'ils avaient pleuré sa mort comme lui, et qu'ils regrettaient cette disparition aussi. Ces trois garçons faisaient parti des plus importantes personnes pour Tom, et elles étaient rares... et cela, même si leur existence lui rappelait que Bill avait existé lui aussi, en même temps qu'eux, mais qu'on lui avait privé d'être là encore aujourd'hui.

Même si tout n'était pas perdu.

Tom préféra chasser cette pensée de son esprit. Pas maintenant, il ne pouvait pas penser à ça alors qu'il était censé profiter de la présence –rare- de ses meilleurs amis.

Même si pour lui il était impossible de penser à autre chose qu'à Bill.

Jamais, jamais il ne pourrait oublier son frère, sa moitié, son jumeau. Comment pourrait-il ? Tout se rapportait à lui. Et quand bien même il pourrait l'effacer de sa mémoire, jamais il ne le voudrait.

-Tom, reviens parmi nous.

La voix de Georg résonna un moment dans sa tête, avant qu'il reprenne contact avec la réalité, visualisant enfin ses trois amis qui le fixaient, sachant très bien à quoi il pensait. Ils avaient l'habitude, ils savaient comment s'y prendre, ils savaient tout de Tom. Et ils étaient bien les seuls.

-Désolé.

-Pas de mal.

-Qu'est-ce que vous disiez ?

-On pensait à ton ami là, Adelphe...

-Ce n'est pas un ami.

-Pourquoi tu traînes avec lui ?

-On a couché ensemble mais je ne m'en souviens.


Andreas grimaça en entendant ça, avant de grogner pour montrer que cette situation ne lui plaisait absolument pas, sans laisser le temps à Tom de continuer ses explications.

-Je ne l'aime pas. Il ressemble trop à...

-Il ne lui ressemble strictement pas !

-Bien sûr que si Tom, ne te voile pas la face, pas avec nous. Tu sais très bien que ce mannequin prétentieux ressemble à notre Bill, et que c'est pour ça que tu le laisses approcher à moins de cinq mètres de toi. C'est peut être même pour ça que tu as couché avec.

-Je n'étais pas conscient de ce que je faisais,
siffla Tom avec énervement, ne supportant toujours pas qu'on parle directement ou non de son frère jumeau en sa présence.

-Je sais que tu n'aimes pas qu'on parle de Bill, et on a toujours respecté ça. Mais comprends qu'on puisse ne pas apprécier de te voir avec un sosie de lui... Déjà qu'on t'a perdu un peu plus en te laissant aller à Berlin...

-Vous ne m'avez pas perdu.

-Si. D'ailleurs on t'a réellement perdu le jour de la disparition de Bill.

-C'est faux.

-Laisse tomber. Toujours aussi têtu. Pas pire que Bill, mais pas mal non plus.

-Andi...

-Passons. C'était une blague.

-Mauvaise blague,
grogna le blond

-J'ai toujours eu un humour de merde tu le sais bien.

-Bref !
le coupa Gustav, Et si on parlait d'autre chose ?

Tout le monde hocha la tête, tandis que la jolie petite serveuse métissée arrivait avec leurs quatre commandes : trois bières et une vodka pomme.

-Pour qui est le vodka pomme ?

-La vodka pomme. Et c'est pour moi.


La serveuse rit nerveusement en donnant sa boisson à Tom qui ne la regardait même pas. Georg matait ouvertement la poitrine généreuse de la petite métisse, tandis que Gustav et Andreas soupirait face à l'attitude du blond.

La brune s'éloigna, les laissant tranquillement (si on mettait de côté l'aspect bruyant du pub berlinois) entre amis.

-Sinon à part tes ébats sexuels d'amnésique avec notre adorable mannequin, tu ne t'es trouvé personne ?

-Non, et je ne compte pas me mettre avec quelqu'un.

-Tom, tu ne vas pas te contenter encore vingt ans de coucher à droite à gauche de temps en temps pour satisfaire tes besoins, si ?

-Si, et c'est très bien comme ça. Et vous ? Toujours célibataire ou une fille a bien voulu des abrutis que vous êtes dans sa vie ?

-Personne depuis 2 semaines,
soupira grandement Andreas, triste de cet état de fait.

-Hélène, déclara Georg

-Combien de temps ?

-5 mois.

-Eh bien. Gustav ?

-Anna, mais je pense qu'on ne va pas rester encore longtemps ensemble. Notre couple bat de l'aile comme on dit.


Tom hocha la tête, ne trouvant pas ce qu'il pourrait répondre à ça. Gustav n'était pas forcément quelqu'un de facile à vivre, contrairement à Georg, et ses couples ne duraient jamais plus de quelques semaines... Trop susceptible et grognon sans doute, malgré son côté très câlin et gros nounours. Andreas, c'était différent. Déjà parce qu'il avait une tendance un peu prononcé à tromper toutes ses copines en soirée après avoir consommé quelques substances illicites, et parce qu'il n'arrivait pas à se retirer de la tête une petite brune française qu'il avait rencontré à Hamburg, mais qu'il n'avait jamais réussi à conquérir.

Le photographe apprécia le silence qui plana quelques instants avant que ses amis ne reprennent la parole. De nouveau il se perdit dans ses pensées, engloutissant sa boisson sans s'en apercevoir. Laissant le liquide brûler agréablement sa gorge, il repensa à son voyage. C'était totalement démesuré de sa part d'avoir accepté. S'il ne mourrait pas d'infarctus dans l'avion, il risqua d'être achevé par une crise de nerfs en arrivant à New York, ville tant méprisée par son être tout entier depuis huit ans.

-Tom... soupira Gustav

-Encore désolé, murmura-t-il en baissant la tête. Il était fou. Fou d'aller là bas.

-Qu'est-ce qui te tracasse vieux ?

-Je vais à New York dans une semaine.


Andreas s'étrangla avec sa boisson, Gustav se contenta d'écarquiller les yeux, et Georg lâcha carrément son verre, heureusement vide, qui s'écrasa bruyamment sur le sol, se brisant. La serveuse arriva à toute vitesse, nettoyant le sol, avant de repartir sans un mot, laissant intact le silence tendu qui planait sur la petite table.

-NEW YORK ? hurla presque Andreas, réalisant à peine ce qu'avait dit son meilleur ami

-Oui, New York, souffla Tom, agacé

-Mais mais... balbutia Georg, n'arrivant pas à formuler une phrase complète

-Je croyais que tu n'irais jamais là bas... murmura Gustav en fixant son ami, croyait qu'il perdait le peu d'esprit qu'il devait lui rester.

-Je sais mais... J'ai besoin de vérifier quelque chose... à propos de Bill...

Andreas frappa du poing sur la table, faisant sursauter tout le monde. La rage étincelait dans ses yeux, et l'idée même que Tom puisse envisager le voyage pour espérer retrouver son frère l'énervait sans pouvoir contrôler cela.

-Bill est mort Tom, merde ! C'est déjà assez dur à avaler, alors arrête de croire qu'il est toujours en vie ! C'était notre ami, notre meilleur ami, comme toi tu l'es ! Tu crois qu'on n'a pas souffert de sa disparition ?! Et ta mère ? ET TA MERE TOM ?! Tu comptes la faire souffrir encore combien de temps en clamant silencieusement que son fils est toujours en vie ? HEIN ? COMBIEN DE TEMPS TOM ?

-Andreas calme toi... Tout le monde te regarde...

-Je m'en fous que tout le monde me regarde !! J'en ai franchement MARRE ! Tu m'entends Tom ?! Fais ton deuil merde ! Vis, je ne sais pas, fais quelque chose mais arrête de t'accrocher à n'importe quel stupide espoir ! Des milliers de personnes sont mortes dans ces putains d'immeubles, Bill n'avait que onze ans, c'est IMPOSSIBLE qu'il ait survécu. Il n'y a que vingt personnes qui ont réussi, VINGT ! Pas vingt-et-une. Pas Bill Kaulitz. Il... il est resté là dedans... Il est parti... Putain Tom... Rends-toi compte que c'est dur de se souvenir de ça...

-Tu crois que je ne le sais pas tout ça...
chuchota faiblement Tom, si faiblement qu'il crut que personne ne l'avait entendu

-Pourquoi tu t'accroches comme ça hein ? Pourquoi tu ne fais tout simplement pas ton deuil ? Pourquoi tu ne nous laisses pas enterrer ton frère ?

-Parce qu'il est toujours en vie.


Andreas balança sa chope de bière avec violence, la laissant éclater au sol.

-Rappelle-moi quand tu auras grandi Tom.

Et il sortit en furie du bar où le silence était à présent complet, tous regardant Tom à la table que Georg et Gustav désertèrent, suivant le mouvement d'Andreas, sans un mot tandis que le jeune adulte sanglotait silencieusement, sans qu'aucune larme ne viennent sillonner ses joues.

Il avait déjà trop pleuré.


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C h a p i t r e  D o u z e______________________________________ K a p i t e l  Z w ö l f

# Posté le jeudi 14 août 2008 09:31

Modifié le jeudi 14 août 2008 15:31

C h a p i t r e T r e i z e_____________________________ K a p i t e l D r e i z e h n

C h a p i t r e  T r e i z e_____________________________ K a p i t e l  D r e i z e h n
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Tom frissonna en voyant les avions décollant juste au dessus de sa tête. Le van avançait rapidement vers le terminal de l'aéroport, vers la porte d'embarquement de leur vol pour New York. Juste une escale à Paris. Au début, Adelphe avait râlé, préférant prendre un jet privé, n'aimant pas les avions de ligne. Cependant, personne n'avait apprécié son choix, Tom le dernier (qui de toute façon aurait largement préféré prendre le bateau, mais cela était juste impossible au niveau timing), et finalement ils avaient dû se résoudre à prendre le vol de 10h13 à Berlin Tegel, où Chris, Jessica et Simone les accompagnaient joyeusement. Ou presque.

Le frère et la s½ur ne s'étaient toujours pas réconciliés, et Tom avait cru comprendre que le problème de fond venait d'Adelphe. Pour ne pas changer.
Quand à lui, il n'avait pas reparlé à Andreas depuis leur dispute. Georg avait appelé une fois en son nom et celui de Gustav pour lui souhaiter un bon voyage et surtout, lui demander de ne pas faire des choses inconsidérées. Georg avait toujours cette manie de faire le grand frère avec lui, ça pouvait être lourd, mais souvent c'était une chose très rassurante aux yeux du blond.

Durant tout le voyage en van, Simone avait tenté de rassurer Tom quant au voyage à venir, mais rien de ce qu'elle pourrait bien dire ne le relaxait. Au contraire, le jeune adulte sentait le stress communicatif de sa mère qui était tout autant paniqué à l'idée qu'il monte dans un avion semblable à ceux qui avait causé la mort de son cadet.

Adelphe, lui, restait pendu au téléphone, donnant les instructions pour préparer son retour en force à New York auprès de son agent, de ses propres employés, et annonçant ses heures de départ et d'arrivées à son "père". Tout cela bien sûr, achevait d'énerver Tom qui ne supportait décidément pas l'anglais.
Hélas, il allait falloir qu'il s'y habitue...

-Nous sommes arrivés Monsieur.

-Très bien, merci. Allez chercher des portes bagages et aidez nous à tout décharger.

-Bien monsieur, tout de suite.


Le chauffeur d'Adelphe qui était venu avec lui à Berlin pour satisfaire le moindre de ses déplacements, obéit avec rapidité et efficacité à son supérieur. Tom soupira devant tant de servitude, Adelphe était grand, ne pouvait-il pas faire ce genre de choses seul ?

Ne souhaitant pas profiter du pouvoir du mannequin, Tom déchargea lui-même ses valises, et prit de sa propre initiative un porte bagage pour y déposer ses affaires. Le chauffeur haussa vaguement les épaules, et s'occupa des affaires du brun qui soupirait en regardant Tom de haut, comme si sa réaction lui paraissait juste stupide.

Tom lui, préféra ignorer Adelphe pour leur bien à tous les deux. S'engouffrant dans le hall de l'aéroport, il ressentit un petit frisson. Ca lui rappelait le jour où Bill était parti... C'était la dernière fois qu'il était allé dans un aéroport.

Flash Back


Bill sautillait joyeusement autour de Tom, débitant un nombre incalculable de paroles à la seconde faisant joyeusement rire son frère.

-Bill calme toi ! On ne va pas tarder à y aller, déclara Jörg Kaulitz, le père biologique des jumeaux.

Gordon attrapa Bill par le poignet pour le prendre chaleureusement dans ses bras.

-Fais attention à toi p'tit bonhomme, sois gentil avec ton père et ramène-nous pleins de souvenirs, ok ?

-Oui Gordon, pas de soucis ! Je serais très sage !
s'exclama-t-il avec une expression qui disait absolument tout le contraire. Gordon rit légèrement devant l'air de son beau fils, avant de le lâcher pour que Simone puisse le prendre à son tour dans ses bras.

Simone était extrêmement angoissée à l'idée de laisser son fils prendre l'avion pour aller aussi loin, et même si son père l'accompagnait, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter.

-Tu restes prudent mon ange hein... Penses à maman qui se fait du souci pour toi quand tu es loin d'elle. Alors fais bien attention, et écoute ton père, d'accord ?

-Oui maman. Tu vas me manquer.

-Tu reviens dans une semaine, ce n'est pas si long.


Simone offrit un petit sourire vague à son fils, ne croyant même pas à ses propres paroles. Pour elle, une semaine sans voir son garnement d'à peine douze ans était très long. Les jumeaux étaient tout ce qu'elle avait de plus cher au monde, et elle savait Bill plus imprudent que Tom, d'où sa continuelle volonté de le surprotéger.

Elle le relâcha doucement, lui ébouriffant les cheveux en geste d'affection. Avec un petit rire enfantin, il repoussa gentiment sa mère après lui avoir fait un léger bisou sur la joue droite.

Bill se retourna alors vers son frère, qui le regardait d'un ½il triste. Se tournant vers son père, il demanda s'il pouvait aller aux toilettes avant de partir, ce qui lui fut accordé à la seule condition que Tom l'accompagnât. Très satisfait de cette "condition", Bill attrapa son frère par le poignet et partit en courant vers les toilettes avec lui. Arrivés sur place, ils s'enfermèrent dans une cabine, à l'abri des regards.

Tom avait la tête baissé, l'air toujours aussi triste.

-Hey Tomi... Ca ne sera pas long...

-Une semaine c'est une éternité. Je ne veux pas que tu partes.

-Mais Tomi, j'ai toujours rêvé d'aller là bas.

-Et moi je ne veux pas que tu m'abandonnes.

-Jamais je ne t'abandonne, je t'aime trop pour ça Tomi.


Tom releva la tête, les larmes aux yeux. Il avait peur. Il était terrifié à l'idée de savoir son frère si loin de lui. Il avait peur qu'il l'abandonne, qu'il parte et ne revienne jamais. Le petit brun vit la détresse de son aîné et il s'empressa d'essuyer les larmes qui commençaient à couler sur ses joues.

-Tomi faut pas pleurer. J'aime pas quand tu pleures. Tu pleures jamais, faut pas que tu pleures pour moi.

-Tu reviendras hein ? Tu me le promets ?

-Bien sûr. De toute façon, tous les deux...

-... c'est à la vie...

-... à la mort.


Tom hocha nerveusement la tête. Bill regarda l'heure sur le portable que sa mère lui avait prêté pour le voyage. Bientôt l'heure d'y aller, tout le monde allait l'attendre. Tom comprit cela aussi, et avant de sortir de la cabine, il posa doucement sa main sur la joue de son cadet, tandis que l'autre traînait sur sa hanche, et il embrassa tendrement son petit frère sur les lèvres. Bill répondit immédiatement au baiser de son frère, glissant ses mains autour du cou de Tom. Le baiser dura longtemps, s'approfondissant, leurs langues se rencontrant, une dernière fois, avant que le portable de Bill ne sonne et ne brise leur moment d'intimité.

-Oui ?... J'arrive tout de suite. Bisous.

Il raccrocha rapidement, et fixa son frère avec des yeux brillants. Lui déposant un dernier baiser en surface, il se détacha de lui, et sortit de la cabine de toilettes, suivit mollement par le petit dreadeux.

Lorsqu'ils retrouvèrent leur famille, le silence régnait entre les jumeaux. Ils se prirent une dernière fois dans les bras l'un de l'autre, avant de se séparer, pour que Bill suive son père dans le couloir d'embarquement, disparaissant lentement de la vue de son frère... qu'il ne reverrait plus avant longtemps...

Fin Flash Back


-Tom... Reviens parmi les vivants, la Terre appelle Tom.

La voix irritante d'Adelphe parvint à ses oreilles, l'énervant au plus au point, mais surtout le perturbant dans ses souvenirs, certes pas très joyeux, mais il ne supportait pas qu'on le dérangeât quand même.

Simone lui tendit son billet d'avion, un sourire crispé aux lèvres. Elle eut un temps d'hésitation, avant de le prendre dans ses bras, le serrant si fort qu'elle aurait pu l'étouffer. Mais Tom se garda bien de lui dire. Il comprenait son angoisse. La même que lorsque Bill était parti, mais en plus prenante vu que ses craintes s'étaient avérées justifiées.

-Ne t'inquiète pas maman.

-Comment veux-tu que je ne m'inquiète pas ? Je ne vais pas répéter ce que j'ai dit à ton frère il y a huit ans... mais prends soin de toi quand même.


Il hocha la tête, la gorge serrée, les souvenirs du sept septembre 2001 toujours en tête, se souvenant toujours du départ de son frère... un aller sans retour. A moins qu'il ne le retrouve. Il avait trois mois pour ça. Après huit ans, trois mois ce n'était vraiment rien.

-Je devine à peu près pourquoi tu y vas... Ne te fais pas trop d'illusion Tom, s'il te plait. Je ne tiens pas à perdre mon second fils là bas...

Tom ne dit rien, et se contenta de passer sa main dans le dos de sa mère d'un geste circulaire pour la rassurer, la calmer. Jamais il ne se montrait démonstratif envers sa mère, mais il l'aimait profondément, et ne voulait pas la briser car elle souffrait bien plus qu'elle ne voulait le montrer. Et puis, les paroles d'Andreas résonnaient toujours dans sa tête. Oui il pensait à sa mère, mais il pensait d'autant plus à la joie qu'elle se ferait de retrouver Bill après des années à avoir pleurer sa mort.

Ce serait tellement... non il n'y avait pas de mot pour définir se que ce serait.

Il lâcha sa mère, lui demandant de passer le bonjour à Gordon de sa part. Son beau père n'avait pas pu venir car il travaillait sur Hamburg aujourd'hui et il lui était impossible de se libérer.

Il se tourna alors vers Chris et Jessica qui se tenaient à cinq mètres l'un de l'autre. Il soupira. C'était tellement ridicule, ils s'aimaient trop pour continuer comme ça. C'est pour cette raison qu'il les prit tous les deux à part des autres.

-Jess, Chris. Ne vous entêter pas dans votre stupide attitude. Moi j'ai perdu la personne que j'aimais le plus. Imaginez que l'un de vous disparaisse demain, vous le regretterez.

-Tom tu...

-... es au courant, oui je sais tout, en même temps vous et la discrétion ça fait un peu deux.

-Ca ne te...

-... dérange pas ? Non, je suis comme vous, alors je comprends.


Ils se turent, comprenant bien ce que le blond voulait dire. Lui aussi était tombé amoureux de la mauvaise personne, lui aussi aimait son frère bien au-delà des liens du sang, sauf que lui on lui avait retiré cette personne. Injustement. Les deux autres blonds soupirèrent, se regardant vraiment pour la première fois depuis quelques jours. Doucement, ils lièrent leur main, en signe de réconciliation, faisant légèrement sourire Tom. Jamais il ne s'était montré attentionné envers la maquilleuse et le styliste, mais n'étant pas sûr de son retour de New York, il préférait rester sur de bons termes avec eux. Ils l'avaient beaucoup aidé durant trois ans. Sans eux, peut être ne serait-il plus là aujourd'hui pour faire ce voyage.

Chris et Jessica prirent Tom dans leurs bras, en même temps, chacun la tête d'un côté, remerciant le photographe, l'encourageant pour son avenir, lui demandant de revenir en entier, et de ne pas faire de choses stupides. Ils l'aimaient ce petit Kaulitz. Et ils ne voulaient pas le perdre.

Lorsque leur étreinte fut finie, Tom se dirigea vers Adelphe, regrettant silencieusement que ses meilleurs amis ne soient pas là pour son départ. Il regrettait surtout sa dispute avec Andreas, et espérait pouvoir réparer les pots cassés en rentrant.

S'il rentrait.

Simone fit une dernière bise à son fils, prit aussi Adelphe dans ses bras, et les regarda longuement disparaître à travers le couloir d'embarquement, lui rappelant amèrement une autre scène, vieille de huit ans.


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# Posté le samedi 16 août 2008 08:49

Modifié le samedi 16 août 2008 09:02