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-Thank you.

Adelphe s'empara de sa boisson, servie par une hôtesse blonde qui s'empressa de partir prendre la commande d'un autre client. Soupirant, il tourna la tête vers Tom qui dormait profondément dans son siège. Apparemment les somnifères étaient une bonne idée. Durant tout le vol pour Paris, Tom avait stressé comme un malade, limite au bord de la crise d'angoisse. Le mannequin avait alors eu la riche idée d'acheter des somnifères pour le voyage vers New York afin de calmer le grand blond et de ne pas être encore plus stressé par la peur maladive de l'ancien dreadeux.

Le vol était assez plein, ci ce n'est la classe affaire dans laquelle il se trouvait qui était rarement rempli lors des différents vols qu'Adelphe avait eu l'occasion de prendre sur les avions de ligne. Quelques bruits de conversation empêchait le silence de s'installer, mais rien de gênant.

Adelphe but une petite gorgée de son verre de champagne, blasé. Il n'avait rien pu trouver à Berlin. Rien, strictement rien. C'était sa dernière chance. Il ne saurait jamais qui il pouvait bien être. Plus le temps passait, et plus son nom, Adelphe Newbirth lui pesait. Tout simplement parce qu'il n'était pas réel et parce qu'il ne lui appartenait pas. Il allait devoir continuer à faire le beau devant les photographes et les journalistes encore longtemps, à jouer la comédie, à se faire passer pour ce qu'il n'était pas. Au fond de lui, il en voulait à sa vraie famille de ne pas l'avoir cherché, de ne pas l'avoir trouvé, de l'avoir laissé vivre une vie sans aucun sens, tout simplement de l'avoir lâchement abandonné sans se soucier de savoir s'il allait bien.

A croire que personne ne voulait de lui dans ce bas monde.

Il rit amèrement devant son mélodrame personnel qui tournait au ridicule tellement ça en devenait cliché. Hélas sa vie n'était pas un film dans lequel il trouverait à la fin sa famille et le bonheur, l'amour et toutes ces conneries sans profondeur.
Si seulement il pouvait se souvenir de quoique ce soit qui puisse l'aider dans ses recherches, mais c'était le néant. Aucun souvenir précédant ses douze ans ne lui venait, et la seule chose qui lui restait d'avant son accident était un vieux téléphone portable qui ne fonctionnait plus. Combien de fois il se rappelait l'avoir entendu sonner quand il était encore sous les décombres, et qu'il ne souhaitait qu'une chose, l'attraper dans son manteau pour répondre. Mais il n'aurait pas été capable de dire quoique ce soit, il ne savait plus parler, ne comprenait plus rien. Seul la terreur l'habitait et rien d'autre. Son "père" lui avait expliqué, que lorsque les pompiers l'avait sorti des décombres, le portable avait été en partie détruit, le rendant impossible à réparer. Mais Adelphe ne perdait pas espoir de pouvoir le réparer et réussir à découvrir un pan de son passé... si le portable lui appartenait bien sûr, ce qui n'était pas acquis.

Même si on l'avait retrouvé sur lui, il pouvait très bien l'avoir volé, ou qu'il s'en soit emparé lorsqu'il essayait de fuir le bâtiment.... Rien n'était sûr.
La seule chose dont Adelphe était sûr, c'est qu'il ne voulait plus jamais revivre ça... Il ne souhaitait ce cauchemar à personne, même à ses pires ennemis... Tout l'angoissait depuis l'accident : le noir, le feu, l'avion, la hauteur... tout. Il se stressait pour un rien, et préférait transformer ça en arrogance pure, ce qui ne lui avait pas valu que des amis. Arrogant oui il l'était, égoïste aussi... c'était sans doute ses plus gros défauts... Il ne faisait confiance en personne, et bien peu en lui-même. Son cerveau était tellement brisé par l'amnésie que tous les souvenirs qu'il pouvait acquérir lui semblait toujours faussé. Il n'arrivait pas à faire confiance en sa mémoire.

Flash Back


Il toussa, longuement, encore une fois. La fumée l'étouffait, et de petits feux prenaient pas très loin de lui. Il ne savait pas ce qu'il faisait là. Il ne comprenait pas. Tout n'était que chaos autour de lui. Le noir presque complet l'entourait, brisé parfois par les faibles flammes présentent dans les décombres.

La seule chose qu'il savait, c'est qu'il était coincé, qu'il avait atrocement mal et extrêmement peur. Peur de rester là-dessous toute sa vie. De mourir dans le noir et la terreur. Il voulait appeler à l'aide, mais fut incapable de sortir un seul son. Comment appeler à l'aide ? Comment faisait-on ?
Complètement terrorisé, il tenta de hurler, mais il ne fit que s'étouffer un peu plus. Ses cordes vocales ne répondaient plus, et il s'étouffa purement et simplement avec l'âcre et noire fumée. Il sentait quelque chose couler le long de son visage qui se trouvait être du sang, mais pour lui, impossible d'en savoir plus, aucun mouvement n'était possible.

Il avait soif, il avait faim, il avait peur, il avait mal mais il était en vie. Ca lui importait peu pour l'instant, il ne savait pas quelle chance il avait de l'être car il ne comprenait tout simplement pas ce qu'il faisait dans cet enfer.
Etait-il mort ? Sans avoir vécu ?
Du moins c'est l'impression que ça lui donnait. Il paniquait au fur et à mesure du temps, il était seul dans ces ruines d'acier et de métal en fusion sans pouvoir s'échapper.

Il cessa de gigoter, un instant. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, mais ça faisait longtemps. Bouger lui donnait envie de hurler tellement c'était douloureux. Ses yeux voyaient complètement flous à cause de la poussière et ils lui faisaient mal à cause de cette foutue fumée, cause première de ses douleurs immédiates, si on omettait la poutre d'acier qui l'emprisonnait contre le "sol" instable, lui écrasant si douloureusement le torse qu'on pourrait se demander comment il pouvait encore être en vie.

Un bruit l'alerta. Une voix. Une voix qui appelait. Il ne savait pas ce qu'elle appelait, il ne comprenait pas ce qu'elle disait, mais il sentit que c'était sa dernière chance de s'en sortir, sa chance de connaître la vie.

Alors il hurla, il hurla à s'en déchirer le peu de cordes vocales qui lui restait. Au début, aucun son ne sortait, puis doucement, sa voix revint, progressivement, et il put crier faiblement, signalant sa présence.

Puis une musique se fit entendre. Une musique horrible, monophonique, sans douceur et qui résonnait extrêmement fort. Ce n'était pas la première fois qu'il entendait ce son irritant, et cela venait de sa poche droite. Un portable. Un simple portable qui fonctionnait encore. Il sonna de façon criarde, alertant les pompiers se trouvant six mètres au dessus.

On l'avait repéré.

Il allait être sauvé.

Mais pas avant sept bonnes heures où il continua à souffrir, à supporter la sonnerie stridente du portable, et à pleurer de terreur, en essayant de ne pas mourir asphyxié.

Fin Flash Back


Adelphe vida sèchement son verre de champagne et l'avala de travers. Se remémorer ce cauchemar réel était...
Il secoua énergiquement la tête, tentant de chasser toutes les images d'enfer sur terre que lui transmettait son cerveau, souvenirs sombres de la plus longue nuit de sa vie, la première dont il se souvint, la nuit du onze septembre 2001.

Il tenta de se calmer, mais être dans un avion n'arrangeait rien à ses affaires. Il commençait à paniquer, à faire une crise d'angoisse comme il en faisait toujours lorsqu'il se remémorait ces moments là. Se recroquevillant sur lui-même, il chercha son air, respirant difficilement, les larmes aux yeux : il avait mal, il avait mal à chercher son oxygène comme ça, sa tête lui lançait terriblement, et les larmes semblaient ne jamais vouloir cesser de couler.

Il voulut appeler à l'aide, crier, quelque chose, mais son cri mourut sur le bord de ses lèvres tremblantes. Ses cordes vocales ne répondaient pas, comme ce jour là. Il paniqua d'autant plus, l'angoisse s'infiltrant vicieusement dans chaque parcelle de sa peau, accentuant son état de détresse.

Il tentait toujours de respirer, s'agrippant les cheveux, se balançant d'avant en arrière sur son siège en ramenant ses jambes contre son torse, il pleurait sans arrêt, priant, hurlant silencieusement qu'on vienne l'aider.

C'est alors qu'il sentit une main, dans son dos. Une douce et chaude main légèrement tremblante mais rassurante qui commença à effectuer un mouvement circulaire et régulier sur sa colonne vertébrale, atténuant les tremblements de son corps dus à sa crise d'angoisse.

Tom venait de se réveiller, perturbé dans son sommeil par des gestes brusques venant de sa droite... C'est-à-dire, là où se trouvait Adelphe. C'est alors qu'il l'avait trouvé, en pleine crise, personne ne le remarquant, appelant à l'aide de façon muette mais que Tom comprit totalement : Bill faisait les mêmes crises étant petit...

Chassant cette comparaison douloureuse de son esprit, il entreprit de calmer le mannequin par un simple geste. Mais ça ne suffisait pas... Il arrivait de nouveau à respirer à peu près correctement, mais ses larmes ne faisaient qu'abonder d'autant plus, et Tom n'hésita pas longtemps avant de le prendre dans ses bras pour le tranquilliser.

Certes, Adelphe avait le cruel défaut de n'être qu'un pur connard avec le reste du monde, mais connard ou pas, Tom avait senti la détresse du jeune homme et ne douta pas de la sincérité de cette crise, et il refusait de laisser quelqu'un dans cet état...

Adelphe mit plus de dix minutes à retrouver son calme complet, mais il resta plus longtemps dans les bras de Tom, profitant d'un peu de confort et d'attention qu'il n'avait que très rarement dans son quotidien. Le photographe ne contesta pas, se doutant de la faiblesse du brun après ce moment douloureux.

Ils ne se disaient rien, appréciaient le calme ambiant, et ils finirent par s'endormir comme cela, Adelphe contre le torse de Tom, un petit sourire aux lèvres.




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# Posté le dimanche 17 août 2008 10:39

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-Bienvenue à New York Monsieur Kaulitz.

Tom hocha vaguement la tête en récupérant son passeport. Il s'étonnait encore de la vitesse à laquelle Adelphe s'était procuré tous les papiers nécessaires pour le voyage, alors qu'il avait cru comprendre que ces procédures prenaient normalement des semaines, voire parfois des mois.

Bref, passons, ce n'était qu'un détail. Peu importait l'influence qu'avait la célébrité d'Adelphe, le plus important pour l'instant était... qu'il était à New York. New York City, la ville de tous ses mauvais rêves, de toute sa haine, de toute sa colère, et aujourd'hui de tous ses espoirs.

Adelphe grogna, attirant l'attention du blond, pour l'intimer de bouger vers la sortie. Tom s'exécuta en prenant un air faussement détaché. Lorsqu'il sortit, le froid le surprit, et il resserra sur lui son Duffle-coat que sa mère, Simone lui avait offert pour son anniversaire. Le brun héla sans délicatesse un taxi qui s'arrêta pile devant lui. Le chauffeur s'empressa de sortir prendre leur bagage et les invita à s'assoir à l'intérieur. Etonné de tant d'attentions, Tom préféra ne pas s'attarder dehors, et s'installa à l'arrière, vite rejoint par Newbirth qui semblait ne pas vraiment craindre le froid avec son petit manteau en coton léger.

Le modèle donna froidement l'adresse de son appartement au petit chauffeur typé qui fit rugir le moteur pour partir rapidement.

Le trajet se fit très calmement, Adelphe écoutant son iPod en chantonnant silencieusement de sa voix éraillée, et Tom contemplait le paysage, perturbé. Lorsqu'ils furent vers dans le centre de Manhattan, le blond repéra malgré lui très rapidement l'endroit où se dressait autrefois les tours jumelles. Il déglutit difficilement et détourna le regard pour observer les gens qui passaient. Quelques minutes plus tard, Tom se retint de fermer les yeux.
Sur leur route : le Ground Zero.
Adelphe avait arrêté de chantonner, et observait ce lieu en reconstruction d'un regard vide. Là, à la place des antiques Twin Towers, les ouvriers travaillaient activement à la construction de la Freedom Tower ainsi qu'au reste du nouveau complex du World Trade Center imaginé par les architectes les plus ingénieux.

Les deux jeunes hommes ressentirent la même chose : une espèce de colère brouiller par de l'incompréhension. Plus haut, toujours plus haut. A quoi cela rimait de reconstruire toujours plus haut si c'était pour se prendre des avions dans des tours et de causer la mort de milliers de personnes ?

Mais bien vite, ils passèrent dans une rue perpendiculaire qui leur cacha la vision troublante du Ground Zero.

Tom surprit comme un soupir de soulagement de la part du brun qui reprit son écoute attentive de son iPod, comme si rien ne s'était passé.

Si ce n'est qu'il serrait les poings à s'en rendre les jointures blanches.

[...]

L'appartement d'Adelphe était très grand, très spacieux, mais extrêmement impersonnel. Aucune couleur, aucune vie n'en ressortait. Tout semblait vide, et le rangement impeccable effectué par la femme de ménage juste avant leur arrivé n'était pas pour arranger cette impression. Tom s'y sentit tout de suite mal à l'aise. A première vue, s'il ne savait pas que le brun y vivait, il aurait pensé qu'il fut inhabité depuis des années.
Peu de photos sur les meubles, peu de décoration, uniquement de l'utile, du design mais rien d'autre. Comme un appartement qu'on visite pour la première fois avec l'idée de le remodeler à sa façon. Et c'était l'envie qu'avait présentement Tom : donner de la vie à ce lieu, le décorer avec plus de couleur, de personnalité. Mais bien entendu, il n'en avait aucun droit, la décision revenait à Adelphe.

C'est pourquoi il garda pour lui ses idées personnelles, ne sachant pas très bien comment il pourrait survivre dans cet endroit pendant son séjour.

-Viens je vais te montrer ta chambre.


-En allemand ça marche plutôt bien aussi.

-Habitue toi à parler anglais, c'est un conseil.

Tom haussa les épaules, peu motivé par cette perceptive. Mais bon, il avait fait un choix, il devait l'assumer jusqu'au bout maintenant.
C'est pourquoi il suivit docilement son hôte newyorkais jusqu'à la chambre d'ami qui, tout comme le reste de l'appartement était d'un froid saisissant.

-Tu peux arranger la chambre comme bon te semble, je ne l'utilise jamais donc ça ne me dérange pas. C'est un peu vide, mais bon...

Tom fut très satisfait de cette proposition : il y aurait au moins un lieu dans cet habitation où il pourrait se sentir... chez lui. Il remercia rapidement le mannequin en anglais, et s'empressa de commencer à s'occuper de la pièce.
Adelphe l'observa sortir ses photos grandeur poster et les accrocha aux murs, déplacer les meubles à sa façon, et s'installer pour se faire son "petit nid perso". Une bonne demi-heure plus tard, la chambre était méconnaissable, et un bordel organisé commençait déjà à se voir.

Le brun sourit tristement et repartit vers le salon où se trouvait ses propres affaires. Une fois qu'il eut tout déposé dans sa propre chambre, il se dirigea vers le bar où il se servit un grand verre d'alcool fort pour décompresser, tout en tirant une cigarette de sa poche et se posa tranquillement sur son grand canapé crème.

Avisant la télécommande de la chaîne hifi, il lança le CD rester à l'intérieur, et le son du groupe Oasis résonna dans l'appartement. Se lançant emporter par la voix du chanteur, Adelphe commençait à s'assoupir doucement, quand la voix de Tom perturba le calme ambiant.

-Je peux utiliser ton téléphone fixe pour appeler ma mère et la rassurer ?

-Hm hm.


Adelphe ne nota même pas l'effort de Tom qui s'efforçait de parler uniquement en anglais bien qu'il détestât ça. Il se contenta de pointer le mur d'en face où se trouvait le téléphone mural. Le blond ne le remercia bien, voyant bien qu'il le dérangeait dans son moment de "détente". Il composa rapidement le numéro de chez lui, sans oublier l'indication de l'Allemagne, et attendit patiemment que sa mère décroche, ce qu'elle vit au bout de deux sonneries.

-Kaulitz-Trümper ?

-Maman, c'est moi.

-Mon poussin ! Ca va tu es bien arrivé ? Tout s'est bien passé dans l'avion ?

-Oui oui maman TOUT va bien. Ne t'inquiète pas d'accord ? Je suis grand.

-Je sais mais...

-Je comprends.


Ils discutèrent une petite dizaine de minutes avant que Tom ne décide de raccrocher pour ne pas trop saler la facture de téléphone du mannequin qui, en l'entendant dire cela, ne se priva pas de rappeler au blond qu'il s'en foutait car il était pété de tunes et que le jour où il aurait à craindre sa facture de téléphone, il serait sans doute en train de faire le trottoir dans le centre de Manhattan. Faisant comme s'il n'avait pas entendu la mauvaise blague du brun, Tom raccrocha tout de même, et alors qu'il s'apprêtait à retourner dans sa chambre, on frappa à la porte.

Curieux, Tom pensa aller ouvrir, mais Adelphe le devança rapidement, et la porte ouverte de l'appartement laissa voir un grand homme d'une cinquantaine d'années, les cheveux bruns grisonnants, le nez droit, le regard gris froid et à la carrure imposante malgré son corps fin.
On aurait pu penser qu'il ressemblât à Adelphe, mais il n'en était rien. Aucun trait de leur était commun, et au vu du regard que le jeune adulte portait à cet inconnu, Tom supposa qu'il ne l'aimait pas énormément.

-Oh. Papa. Quelle bonne surprise dis moi.

-Pas d'insolence. Tu viens de rentrer ?

-Cela fait une heure.

-Tu aurais pu appeler.

-Pourquoi ?

-Par politesse. Qui est-ce ?
demanda le quinquagénaire en avisant Tom d'un regard soupçonneux et hautain à la vue de ses vêtements sans marque et d'une simplicité déplorable.

-Tom Kaulitz. Un élève de Berlin.

-Enchanté...
marmonna le concerné par pur politesse

Politesse qui ne lui fut pas retourné car l'homme cessa de le regarder de travers pour reporter son attention sur son fils.

-Session photo pour Gucci demain. On se voit à l'agence à 8h. Nous devons parler de choses importantes je pense.

-Je pense qu'on peut se passer de cette conversation.

-Ne sois pas mauvais perdant. Tu n'as rien trouvé certes, mais ça ne te fera pas passer outre cette discussion.

-Et si je ne veux pas ?

-Pas de mauvaise foi. Tu ne discutes pas.


Adelphe sembla irrité par le ton et les paroles de son paternel. Tom continuait d'observer, se sentant comme à Roland Garros, à suivre les balles de tennis passant d'un camp à l'autre du regard. Beau match, bien que froid et légèrement déprimant. Mais surtout très intriguant.
Cependant, même si Tom fut d'une nature très curieuse, les problèmes d'Adelphe lui passaient largement au-dessus, et c'est pourquoi il s'éclipsa de la pièce, ne souhaitant pas être mêlé à des problèmes familiaux ennuyeux.

Peut être avait-il tort de s'en désintéressé de la sorte ?



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# Posté le lundi 18 août 2008 14:13

Modifié le mardi 19 août 2008 07:31

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-Macdo ? proposa le modèle en soulevant deux sacs en papier provenant du fast food.

-Je n'ai pas très faim.

Adelphe soupira. S'il ne connaissait pas Tom, il dirait qu'il est d'une humeur massacrante. Mais non, c'était tout simplement son attitude normal. Sauf que ce soir, Adelphe était tout sauf de nature patient.

-Ecoute, on va devoir se supporter pendant plusieurs semaines dans cet appartement, certes grand, mais qui reste toujours un lieu avec un espace restreint qui nous force à nous croiser régulièrement. De plus, on va devoir travailler ensemble, alors tu pourrais y mettre du tien s'il te plait.

-J'ai pas compris,
grogna Tom avec nonchalance

-Menteur.

-Le seul effort que j'ai envie de faire pour toi c'est de faire comme si tu n'existais pas.

-Tu préfères dormir à l'hôtel peut être ?

-Tu sais très bien que je n'ai pas les moyens.

-Alors je vais t'acheter un billet retour pour demain.


Tom se gela d'un coup à l'entende de cette phrase. Déstabilisé par cette possibilité, il se leva précipitamment du canapé pour rattraper Adelphe qui se dirigeait vers son ordinateur portable posé sur un bureau à l'autre bout de la pièce.

-Non ! S'il te plait. J'ai besoin de rester ici.

-Et moi je n'ai pas besoin que tu restes ici.

-Je ferais un effort, je te le promets.


Adelphe prit un temps de réflexion, dévisageant silencieusement le blond qui à présent semblait le supplier du regard. Ca semblait si important à ses yeux... Le brun aurait pu en être ému, mais il se sentit plutôt vexé. Vexé de ne pas être la raison pour laquelle Tom veuille rester. Jamais le blond ne laissait transparaître ses sentiments, prenant toujours un air ennuyé pour se donner de la contenance, mais là, les apparences semblaient ne plus avoir d'importance, comme si la raison qui l'avait mené ici était vitale.

Et elle l'était, mais Adelphe n'en avait aucun foutu idée.

-Bien... Macdo alors ?

Tom relâcha son bras, comme soulagé pendant quelques secondes, avant de reprendre son air indifférent. Il haussa les épaules et Adelphe prit cela pour oui.

Il était toujours déçu, mais avait un léger espoir d'arriver à avoir Tom. Peut être aurait-il souri s'il avait capté le regard du photographe qui dérivait sur son postérieur qu'il dandinait joyeusement en allant chercher les sacs de Macdo laissés sur le meuble de l'entrée.

Sans aucun doute.


[...]

Tom s'enfonça un peu dans son fauteuil, s'ennuyant fermement. Voilà plus de dix minutes qu'Adelphe l'avait laissé dans son bureau, tout aussi froid et impersonnel que son appartement, mais aussi très peu utilisé d'après la petite couche de poussière se trouvant sur les meubles. Pas une seule photo de famille, juste ses books qui traînaient dans un coin.

Le temps lui paraissait long. Trop long. Il n'avait rien à faire pendant que le brun discutait avec son père, et il ne savait même pas si le mannequin allait se rappeler de son existence...
Il pensait à partir prendre un chocolat au Starbucks Coffee du coin, quand la porte s'ouvrit brutalement sur Adelphe, les joues rougies par la colère, le regard meurtrier et les poings tellement serrés que ses jointures en devenaient blanches.

-On se casse d'ici. Dépêche toi ! cracha-t-il d'un ton grinçant

Tom allait râler contre le ton désagréable du modèle, mais l'air tueur de celui-ci l'en dissuada totalement. Soufflant tout de même pour la forme, il se leva avec paresse, suivant le modèle furieux dans les couloirs de l'agence de son père.
Alors qu'ils atteignaient l'entrée, le chef des lieux apparu brusquement devant la porte, sortant d'un couloir adjacent, faisant sursauter Tom et grogner Adelphe.

Avec un sourire froid en coin, celui-ci souleva du bout des doigts un trousseau de clés brillant.

-Tu as failli oublier ça Adelphe, ricana-t-il en forçant bien sur le prénom du mannequin

-Je ne te remercie pas, cracha-t-il en attrapant violemment les clefs

Tom ralentit un peu, observant le père de son hôte. Etrangement il ne ressemblait vraiment pas à son fils. C'était déconcertant. Normalement, un fils était censé ressembler à son géniteur... à moins qu'il ne soit adopté... ou alors le fruit d'un adultère. Le regard de l'homme d'âge mûr était froid. Glacial même. Pas du tout le regard d'un père sur son enfant.

Adelphe l'appela en lui aboyant limite dessus, toujours aussi énervé par la conversation qu'il avait eu avec le chef des lieux.... Qu'ils quittaient présentement pour se rendre sur le parking... au plus grand étonnement de Tom qui pensait prendre le taxi.

-Heu ? Adelphe... on ne prend pas le taxi ?

-Non j'avais laissé ma voiture ici avant de partir.

-Ah...


Tom chercha des yeux la voiture qui aurait pu être celle d'Adelphe. Il regarda fixement une petite coupé sport, pensant que ça entrerait dans les goûts d'Adelphe, mais que nenni : le mannequin se dirigea vers une magnifique Cadillac grise métallisée.

-Bordel de...

-C'est une Cadillac Cien. Je voulais la Cadillac Escalade mais apparemment ça n'allait pas avec mon physique alors j'ai plutôt pris celle-ci.

Le regard de Tom se perdait sur la voiture hors de prix. Combien de fois n'avait-il pas rêvé de s'offrir une Cadillac ou une autre voiture américaine dans ce style ? Mais jamais il n'avait eu l'argent pour s'acheter ne serait-ce qu'une roue d'un tel monstre.

-Bon tu rentres, on va pas attendre Noël, si ?

-Ah oui pardon, désolé...


Il sortit de ses pensées pour ouvrir la portière côté passager de la Cadillac Cien, touchant du bout des doigts le petit bijou de l'automobile dans lequel il s'installait à présent.

-Tu vois que ça a du bon d'être riche, ricana Adelphe en mettant le contact, ayant retrouvé son cynisme, preuve du retour de sa bonne humeur.

Tom soupira. Hélas, pour une fois, Adelphe n'avait pas totalement tort.




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# Posté le mardi 19 août 2008 07:40

Modifié le mardi 19 août 2008 10:42

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Le photoshooting s'était plutôt bien passé. Il avait duré quatre heures, Adelphe changeant inlassablement de coiffure, de vêtements, d'accessoires, de décors, et de poses, Tom s'abreuvant des conseils du photographe professionnel se changeant de photographier le mannequin. A présent, ils étaient tous autour d'une table chargée de verres de champagne et d'apéritifs en tout genre, papotant joyeusement ou presque sur le travail effectué dans la matinée. Adelphe écoutait d'une oreille distante la directrice en chef du Vogue British qui le félicitait de son travail "remarquable", enchaînant les verres d'alcool, le regard un peu perdu dans le vide sous l'½il fixe de Tom qui s'était mis à l'écart de tout cela.

Le mannequin était vraiment beau. Il avait des défauts sur le visage, quelques cicatrices, vite effacées par quelques couches de fond de teint, un air fermé et froid qui laissait Tom songeur. Aux premiers abords, Adelphe se montrait toujours très poli, agréable alors qu'il n'était en fait qu'arrogant et manipulateur. Le blond connaissait bien ce genre d'attitude. C'était celle de quelqu'un qui avait peur. Peur de lui-même. Mais pourquoi ? Pourquoi quelqu'un d'aussi apprécié, riche et célèbre que lui était-il comme cela ?

Pourquoi Tom avait-il l'impression que quelque chose ne collait pas dans ce personnage ?

[...]

-Pourquoi avoir voulu être mannequin ?

Adelphe releva la tête de son verre de whisky, les yeux un peu vitreux et la tête dodelinant dangereusement. Tom soupira : il n'était même pas trois heures de l'après midi.

-Vous devriez peut être éviter de boire autant à cette heure là.

-Pourquoi j'ai voulu être mannequin ?
demanda Adelphe d'une voix groggy et dont le souffle puait l'alcool, Parce que je n'étais bon qu'à ça : poser, pavaner sans réfléchir. J'ai toujours été très mauvais en cours, je n'aurai sans doute pas pu faire autre chose d'autre que ce métier, surtout avec un père agent.

Tom hocha la tête, plus ou moins satisfait de la réponse, ne doutant pas de sa sincérité aux vues de l'état du brun. Il allait repartir vers sa chambre, mais Adelphe enchaîna.

-Au début je m'en foutais, c'était marrant hein. J'étais tout fier d'être la nouvelle icône de la mode américaine. Mais ce métier est tellement à chier. Je n'ai jamais été heureux de faire le beau devant des appareils photos hors de prix. Si j'avais pu, j'aurai fait de la musique. Mais je suis nul là dedans aussi. Et chanter, même pas besoin d'y penser avec la voix horrible que j'ai.

Le blond hocha la tête, ne pouvant pas contredire le mannequin. La voix d'Adelphe était très désagréable : sifflante et grinçante à la fois, comme si ses cordes vocales avaient été extrêmement abîmées.

-J'aurai voulu avoir du mérite, être reconnu pour mon talent. Mais je me contente d'être beau hein. Tu sais, c'est parfois dur de n'être réduit qu'à être beau. Je déteste voir ces gens hypocrites me regarder avec des étoiles dans les yeux parce que je suis bourré de tunes, que je suis jeune beau et encore célibataire. Combien de filles ne rêveraient-elles pas de m'épouser pour profiter de ma jolie fortune. On s'le demande...

Il but le reste de son verre cul sec, sans grimacer, la tête se reposant sur le haut du canapé. Ses yeux se fermèrent doucement, un sourire amer flottait sur ses lèvres.

-Si au moins j'avais eu une vie parfaite à côté de ça. On pourrait croire hein. Mais je déteste ma famille autant que je l'indiffère. Je suis un intrus pour eux. Un étranger. J'ai pensé qu'en faisant ce métier, ils auraient un peu de mérite à ce que je porte leur nom. Mais non. Ca n'a rien changé. Alors j'ai changé. J'ai pris un "nom de scène" comme on dit. C'était une nouvelle vie qui s'offrait à moi. Je croyais devenir indépendant. Que dalle. Mon père me garde bien près de lui, à récolter lui aussi les fruits de mon succès.... Connard....

Tom resta interdit devant tant de révélations. Adelphe ne semblait pas maîtriser ses paroles, et encore moins ses pensées. Il semblait ailleurs. Perdu dans son amertume.

-De toute façon je ne suis qu'un bon à rien, n'est-ce pas ? Sinon personne ne m'aurait abandonné, et on serait fier de moi, non ? Tu ne crois pas ? Tu ne crois pas que si on m'aimait un peu on viendrait me chercher et me féliciter d'avoir réussi professionnellement ma vie ? Mais non, personne n'en a rien à foutre. Je pourrais crever que mon père ne lèverait qu'un sourcil en voyant son chiffre d'affaire baisser un peu.

Le photographe était complètement perdu devant tant de détresse. Le mannequin ne ralentissait pas son flot de paroles, retenant toute sa rage d'exploser, avec grand mal, mais il se vidait, enfin, pour la première fois qu'on s'intéressait un minimum à lui. Du moins qu'on semblait s'intéresser à lui.

Les apparences sont parfois trompeuses. Mais pas toujours.

-Ne... ne dis pas ça... Je suis sûr qu'au fond les gens s'inquiètent pour toi... Ta famille aussi... balbutia Tom, n'ayant pas l'habitude d'essayer de consoler quelqu'un, ou plutôt ayant perdu cette habitude.

Le regard qu'Adelphe posa alors sur lui le fit frissonner de la tête aux pieds. Un regard si vide d'expression, un regard mort.

-Si tu perdais de vue quelqu'un que tu aimes réellement, tu ferais tout pour le retrouver non ?

Tom gigota. Oui. Bien sûr que oui. N'était-ce pas ce qu'il était en train de faire ? Il était même prêt à donner sa vie pour retrouver celui qu'il aimait plus que tout. Tout pour reprendre son frère dans ses bras. Tout pour ne plus devoir se dresser devant une tombe vide. Tout pour entendre son frère rire doucement dans son oreille en lui disant qu'il s'était encore inquiété pour rien.

Il donnerait tout pour Bill.

-Oui. Je ferais tout pour le retrouver... souffla Tom presque à contrec½ur de donner raison au mannequin qui s'enterra d'autant plus dans sa mélancolie présente.

Le silence se fit enfin. Mais il n'était pas pour autant reposant. Il était plutôt du genre stressant. Oppressant. Et j'en passe. Tom n'osait faire aucun mouvement, craignant de briser ce lourd voile de calme faussement plat.

Mais ce fut le téléphone fixe de la maison qui s'occupa de cela. Voyant qu'Adelphe ne sortait pas de ses profondes préoccupations, Tom se décida à répondre à sa place.

-Allo oui bonjour ?

-Monsieur Newbirth ?

-Ah non je suis désolé je suis un ami, il n'est pas vraiment disponible pour le moment.

-Oh, et bien, pouvez vous juste lui dire que j'ai eu des informations intéressantes pour lui à propos de ses origines. Qu'il me rappelle quand il a le temps où même qu'il passe me voir, se sera sans doute mieux.

-Je lui transmettrais le message... de la part de qui ?

-Dites lui juste cela, il comprendra.

-Bien.

-Merci beaucoup, bonne journée jeune homme.

-Au revoir.


Il raccrocha, songeur. Ainsi Adelphe faisait des recherches sur ses origines.

-Qui était-ce ? grogna le mannequin, émergeant enfin de ses sombres pensées

-C'était pour vous. Un homme qui dit avoir des informations sur vos origines. Il m'a demandé de vous transmettre le message.

Adelphe se redressa sur son canapé, semblant oublier les effets de l'alcool. Apparemment l''appel l'intéressait au plus haut point.

-Qu'a-t-il dit ?

-De le rappeler ou de passer le voir.

-Très bien !
s'exclama-t-il en se levant joyeusement, sans tanguer une seule fois à cause de l'alcool, au plus grand étonnement de Tom, Je vais chez le coiffeur et je vais aller le voir ! Tu m'accompagnes ?

-Euh et bien, j'ai des choses à faire et euh...

-D'accord d'accord, tu m'accompagnes chez le coiffeur et je te dépose, ok ?



La bonne humeur soudaine d'Adelphe perturbait Tom dans ses idées. Il ne pensa pas à refuser, ce que le brun prit pour un oui. C'est ainsi que Tom se retrouva, dans la splendide voiture grise du mannequin, en direction de son coiffeur habituel.
Il n'avait pas pris rendez vous, mais le professionnel de la coiffure le prit immédiatement, ventant qu'Adelphe soit son meilleur client, aux vus du nombre de fois où il le voyait par mois pour refaire sa couleur, ou recouper un peu ses pointes : le modèle était bien incapable de faire tout cela tout seul.

Tom resta silencieusement assis dans un coin, réfléchissant aux évènements à venir. Il ne savait pas ce qu'il allait trouver dans les dossiers de la police newyorkaise, sans doute rien. Pour changer.

Deux heures plus tard, il fut sorti de ses réflexions par le modèle, et c'est ainsi qu'il se retrouva à nouveau aux côtés d'Adelphe, tout frais grâce à sa nouvelle coupe de cheveux, sur le chemin du cabinet du détective qui pourrait aider Tom à accéder aux dossiers de la police afin de retrouver Bill.

Adelphe s'était fait une coloration noire ébène, très sombre, très profonde, avait recoupé ses cheveux pour faire un dégradé afin d'avoir moins de difficulté à leur donner du volume, et avait même fait une petite fantaisie : des fines mèches blanches éparpillées dans sa chevelure corbeau qui lui allaient à merveille.

Le brun était très fier de sa nouvelle allure, et Tom l'en trouvait d'autant plus attirant.



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# Posté le jeudi 21 août 2008 09:16

Modifié le jeudi 21 août 2008 12:22

C h a p i t r e D i x h u i t___________________________ K a p i t e l A c h t z e h n

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Adelphe gara sa magnifique voiture dans le parking privé de son psychologue qui arrondissait ses fins de mois en collaborant avec la police de New York ainsi que des amis détectives privés. L'homme, âgé d'une soixantaine d'années, s'était penché par curiosité sur le cas d'Adelphe Newbirth, et depuis quelques années, ils travaillaient ensemble à retrouver la famille du jeune mannequin.

Le brun verrouilla les portes de sa voiture, en repensant à celui qu'il accueillait dans son appartement en ce moment même. Il savait qu'il n'arriverait jamais à être aussi proche de lui qu'il le souhaiterait. Mais la situation devenait quelque peu douloureuse pour lui.

Flash Back


Adelphe observa le visage endormi du jeune photographe avec un léger sourire triste aux lèvres. La première personne qu'il souhaitait réellement le repoussait. Lui était inaccessible. C'était étrange. Habituellement, c'était lui l'être inaccessible, qui se faisait désirer. Cependant, ici, les donnes étaient inversées. Du moins en apparence.

Il caressa doucement la joue pâle du jeune blond. Celui-ci ne cilla pas, absolument pas perturbé dans son sommeil. Le mannequin dégagea quelques mèches blondes du visage de l'étudiant. Il observa le doux visage du photographe, paisible lorsqu'il sommeillait.

Soupirant, il se leva, laissant le blond dormir tranquillement, mettant de côté ses envies pour peut être plus tard.

Fin Flash Back.


Le mannequin rangea ses clés dans son manteau, et entra dans le cabinet du psychologue, espérant avoir de bonnes nouvelles cette fois.

[...]

-Entrez.

Tom entra silencieusement dans le petit bureau du détective. Celui releva les yeux de ses dossiers, et eut un immense sourire en voyant Tom en face de lui. Il se leva et serra chaleureusement la main du jeune homme.

-Monsieur Kaulitz c'est un plaisir de vous voir. Je n'espérais plus vous voir.

-Pourtant je suis là...

-Asseyez vous, je vais vous apporter le dossier où se trouve les photos du jeune garçon retrouvé il y a huit ans. J'espère bien qu'il s'agira de votre petit frère.

-Mon jumeau. Oui j'espère aussi.


Le détective eut un sourire gêné, et disparut dans un petit débarras où se trouvait tous les fichiers écrits datant de plus de trois ans.

Tom gardait son regard fixé sur le bureau en verre et bois du détective, attendant (presque) patiemment l'arrivée du dossier. Cependant, la nervosité prenait le dessus, le faisant s'agiter sur son siège en cuir : d'un côté il avait cet espoir depuis tellement de temps qu'il était à présent terrifié sans raison explicable, de l'autre, il s'attendait aussi à être déçu... Déçu à vie...

Le détective revint dans la pièce, son sourire ne l'ayant pas quitter, apparemment heureux d'aider enfin une famille à réunir.

-Le voici. Les photos ont été prises lorsqu'ils l'ont sorti des décombres des bâtiments ainsi qu'à l'hôpital.

-Mais pourquoi ne nous avons-nous jamais parlé de son existence ?

-Vous savez, il n'est pas étonnant de voir des cas "d'enlèvements d'enfants" si j'ose dire, surtout avec un tel chaos comme celui du lendemain des attentats. L'enfant était apparemment amnésique et il n'a pas contredit sa parenté avec ceux qui l'ont récupéré à sa sortie de l'hôpital.

-Mais...

-Vous savez, monsieur Donaldson, qui l'a déclaré comme étant son fils, est quelqu'un de riche et influent. C'est sans doute la raison pour laquelle personne n'aura protesté. Mais passons. Voici les photos.


Le détective tendit le petit dossier rouge à Tom qui s'en empara en tremblant. C'était l'heure de vérité. La seule chose qui allait prouver que son frère était toujours de ce monde... ou le contraire.

Soufflant un bon coup, il l'ouvrit et en sortit une première photo.

Elle avait été prise à la sortie des décombres, ce qui expliquait l'opacité de l'air qui rendait la photo assez flou. Cependant, Tom put à son aise détailler le visage de l'enfant photographié qui n'était autre que Bill. Son Bill. Son c½ur loupa un battement alors qu'il contemplait le cliché. Son frère. Son jumeau. Il retint un sanglot en observant ses cheveux noirs devenus gris de cendres et de poussières, ses bras brûlés à divers endroits, son visage blessé et sali de son sang, ses yeux chocolat mi-clos mais emplis de terreur et de douleur, mais surtout son manteau en coton épais tout aussi couvert de sang et déchiré à de nombreux endroits que leur mère lui avait offert avant son départ à New York. Sa jambe droite formait un angle impossible, et les trous présents sur son jean laissaient apercevoir de larges coupures suintantes.
Les photographies suivantes prises à l'hôpital lui confirmèrent son idée, et ce malgré les points de suture très présents sur son visage et ses cheveux coupés plus courts.

Il reposa le dossier, choqué.

Choqué, mais heureux.

Tellement heureux que les larmes envahirent rapidement son visage sans qu'il ne fasse rien pour les empêcher de couler, et qu'un sourire sincère se dessinait lentement sur son visage.

Son frère était en vie.



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C h a p i t r e  D i x h u i t___________________________ K a p i t e l  A c h t z e h n

# Posté le vendredi 22 août 2008 09:22

Modifié le vendredi 22 août 2008 09:52