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Tom ouvrit la porte de l'appartement, quelque peu fatigué, mais heureux. Le détective l'avait accompagné faire une prise de sang pour une comparaison avec celui de "son frère" afin d'être sûr de leur fraternité. Le blond était sûr des résultats, mais on ne savait jamais. Ayant donné son numéro de téléphone portable, il attendait juste qu'on l'appelle afin de lui donner la nouvelle adresse de son frère lorsque les tests se seront avérés positifs. Il n'attendait que ça. Mais il savait que ça pourrait prendre quelques semaines. Qu'importe : après huit ans, il pouvait bien encore attendre quelques jours de plus ?

Il déposa son manteau en coton épais sur le porte-manteau, et lorsqu'il entra dans le salon, Adelphe apparut brusquement devant lui, un énorme sourire aux lèvres.

-Champagne !! s'exclama-t-il en une langue de Molière particulièrement bancale, soulevant une bouteille du précieux alcool française en riant joyeusement

Surpris par une telle bonne humeur inattendue, Tom resta quelque peu bloqué, mais Adelphe s'empressa de le ramener sur terre en le secouant tout aussi énergiquement. Décidément, il était réellement d'une humeur de gai luron. Bien plus qu'il ne l'avait jamais été.

-Qu'est ce qu'on fête ?

-Un avenir optimiste qui commence à me tendre les bras ! clama Adelphe en riant comme un petit enfant qui venait de découvrir les cadeaux qu'il avait demandé sous le sapin.

Tom rit à son tour légèrement. Il appréciait cet Adelphe là. Le jeune brun souriant, heureux et fêtard. Voilà quelle facette du personnage il aimait beaucoup.
Cependant, il fronça un peu des sourcils : cette attitude était trop inattendue.

-Mais... pourtant ce matin tu avais l'air assez remonté, je me trompe ?

-Oh... ça...
commença Adelphe, déchantant un peu, Ce n'est rien. C'est juste que mon père m'a avoué qu'il savait des choses sur mes origines qui auraient pu m'aider, mais qu'il n'a jamais voulu me les donner parce que je lui rapporte trop d'argent, et que si je partais, il le regretterait. Financièrement parlant bien entendu.

-C'est horrible...

-C'est mon père. Je ne cherche pas plus loin.


Tom hocha la tête, ne posant plus de question indiscrète. Il pensait que le silence allait devenir de plus en plus pesant, mais Adelphe continua dans ses explications.

-Il m'a avoué qu'il ne m'avait adopté uniquement que parce qu'il me trouvait parfait pour être un mannequin, les cicatrices en moins.

-Cicatrices ? Celles sur ton visage ?

-Oui oui, et d'autres encore... j'ai eu un accident... Il y a longtemps...


Adelphe n'osait pas parler à Tom des attentats. Bill, le jeune frère du blond, étant mort dans l'effondrement des tours, avouer à l'étudiant que lui-même y avait survécu était plus que du suicide : il perdrait à jamais la possibilité d'être proche de Tom.

-Passons, l'interrompit le blond dans ses pensées.

-Oui passons... murmura Adelphe.

Tom avait vu le malaise du jeune mannequin. Il ne posait pas de question, devinant qu'il n'était pas facile de parler de sujets aussi sensibles qu'un accident grave ou qu'une adoption motivée par de l'argent. Il s'empara de la bouteille de champagne et servit les deux verres présents sur la table du salon. Tendant une coupe largement remplie au brun, il leva la sienne.

-Alors ? N'avons-nous pas quelque chose à fêter ? demanda-t-il avec un léger sourire. Léger certes, mais sincère.

Adelphe fut étonné de cette agréable attention, inattendue de la part du jeune photographe. Il sourit légèrement à son tour, sentant sa bonne humeur revenir en voyant que le blond changeait peu à peu d'attitude envers lui. Moins agressif, moins renfermé, plus attentif, plus proche peut être...

-Adelphe ?

L'interpellé sortit de ses pensées, cessant de fixer le blond avec passion. Blond qui semblait gêné de cette fixation aussi insistante. Il était étonnant qu'il soit aussi embarrassé. Jamais il ne se sentait comme ça. En même temps, jamais il ne se montrait aussi démonstratif avec quelqu'un, que ce soit en étant agressif ou attentionné.

Comme l'avait dit Chris il y a quelques temps : « Il doit être de bonne humeur pour réagir avec autant de vivacité. D'habitude il se serait contenté de partir sans un mot. Je crois qu'il vous apprécie monsieur Newbirth. »

En effet, si Tom ne voulait pas avoir à faire avec quelqu'un, il se contentait de l'ignorer, de ne pas lui parler et de l'envoyer bouler pour être tranquille. Dans le cas présent, on peut dire qu'il s'était attaché à cet abruti. Malgré son sale caractère, malgré sa mauvaise foi, malgré son masque d'arrogance insupportable, il l'appréciait beaucoup en fait.

Peut être un peu trop.


-Tom ?

Le concerné sortit de ses pensées, cessant de fixer le brun avec passion. Brun qui semblait gêné de cette fixation aussi insistante.

Décidément, ils avaient le même type de réaction, c'était assez perturbant.

Tom claqua doucement son verre contre celui d'Adelphe pour briser le silence. Ils échangèrent un sourire, tous les deux à nouveau de meilleure humeur, se regardant du coin de l'½il, sans échanger un mot. Ils burent leur champagne à petites gorgées, doucement, profitant de l'atmosphère pour une fois agréable qui flottait sur la pièce principale de l'appartement.

-Tom ?

-Hmm ?

-Tu ne penses pas que cet appartement mériterait un peu plus de décoration ?


Tom haussa un sourcil. Avoir plus de décoration ? C'était synonyme de changement. Changement de mentalité. Adelphe commencerait-il à se trouver un peu ? A vouloir changer de mode de vie ? A être lui-même ? Après le changement de coiffure qui était déjà très significatif, venait la nouvelle décoration d'appartement ! C'était plutôt bon signe...

Il se leva, et observa l'appartement d'un autre angle.

-Je pense que tu devrais mettre un peu plus de couleurs. Ca donnerait de la vie ! C'est un peu triste comme ça. Puis mettre des photos, des posters, des tableaux peut être, des objets personnels, des choses qui te définissent tu vois ? Quelque chose que...

Tom se tut.

On venait de l'interrompre dans ses explications.

Assez brutalement.

Ou plutôt de façon surprenante.

Les yeux écarquillés tellement il ne s'y attendait pas, Tom ne pensa même pas à repousser immédiatement Adelphe qui avait posé ses lèvres sur les siennes le faisant taire. Le brun quand à lui, attendait avec une réelle appréhension la réaction du blond. Il accentua la pression de ses lèvres sur celles de Tom, souhaitant le faire réagir, profitant des quelques secondes qui devaient lui rester à embrasser le jeune photographe.
Tom redescendit alors sur terre, repoussant avec douceur le mannequin. Non, ce n'était pas une question d'être attiré ou pas par son hôte... au contraire, il le trouvait tout à fait désirable. Mais il ne se sentait pas d'avoir une relation avec quelqu'un. Rien de sérieux en tout cas. Et si Adelphe n'avait pas souhaité quelque chose de plus sérieux, il se serait contenté de leur nuit passée ensemble...

Adelphe soupira en baissant le regard vers le sol.

-Pardon... Oublie.

Il se retournait pour aller se servir un autre verre de champagne, mais Tom l'attrapa par le bras, et le força à le regarder dans les yeux.

-Pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

-Pourquoi m'avoir embrassé ?

-J'en avais envie.

-Et si je ne voulais pas ?

-Je voulais prendre le risque.

-Je ne veux pas.

-Pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?


Adelphe eut un petit sourire rapide, mais reprit rapidement un air sérieux.

-Pourquoi ne pas vouloir ? Je ne t'attire pas ?

-Ce n'est pas le problème.

-Quel est-il alors ?

-Je ne veux pas d'une relation longue.

-Qui parle de relation longue ?

-Toi. Implicitement.

-Pourquoi ne pas vouloir ?

-Je ne peux pas.

-Tu te poses trop de questions.

-C'est vrai...
murmura Tom. En effet, il se prenait trop la tête. Cependant, il avait l'impression de trahir son frère en s'investissant dans une relation sérieuse avec quelqu'un d'autre.

-Ton frère n'aimerait pas que tu t'empêches de vivre...

-Qu'en sais-tu ?

-N'est-ce pas ce que tu penserais pour lui s'il était dans ta situation ?


En effet. Si Bill avait été à sa place, il n'aurait pas souhaité qu'il s'empêchât de vivre à cause de lui. Malgré tout, il n'arrivait pas à se laisser aller, à se laisser tenter, à se laisser vivre. Pourtant il pourrait avoir une belle vie : son avenir professionnel était assuré grâce à ce stage, sa vie sentimentale aurait de belles possibilités de briller avec une personne comme Adelphe.... Ce serait un couple tumultueux, sans routine...
Mais montrer ses sentiments, ça, Tom s'en sentait totalement incapable.

-Laisse toi aller... chuchota Adelphe contre ses lèvres. Tom retint un sursaut : il ne l'avait pas vu se rapprocher.

-Ce n'est sans doute pas une bonne idée...

-Depuis quand on se préoccupe de ce genre de choses ?


Tom sourit sincèrement. La vie est un jeu, la vie est courte, il n'avait pu s'en rendre compte qu'à contrec½ur. Il pouvait toujours tenter. Ca n'empêcherait jamais de toujours penser à son frère. Et puis ce n'est pas une question d'amour de nos jours...

-Il faut profiter de chaque seconde qu'il nous est donné, n'est ce pas ?

-Exactement...


Adelphe n'en attendit pas plus pour capturer à nouveau les lèvres du grand blond (quoique plus petit que lui de quelques centimètres).

Le champagne pour fêter les bonnes nouvelles, ça n'était pas si mal.

Embrasser Tom, c'était mieux.



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# Posté le samedi 23 août 2008 06:38

Modifié le samedi 23 août 2008 13:41

C h a p i t r e V i n g t___________________________ K a p i t e l Z w a n z i g

De Retour !! Bonne lecture :]

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-Adelphe, restez tranquille bon sang ! Ce n'est qu'une aiguille.

Le concerné retint un gémissement de peur en voyant la pauvre infirmière approcha pour la énième fois la seringue de sa veine gonflée sous la pression de l'élastique en caoutchouc serré autour de son bras. Son psychologue (ainsi qu'accessoirement ami et détective privé) le jugea d'un regard réprobateur, qu'Adelphe réfuta par une moue enfantine.

-Ne faites pas l'idiot. Je vous rappelle que cette prise de sang est nécessaire afin de retrouver votre famille. Si on ne peut assurer que vous êtes bien de la même généalogie, il vous sera impossible de retourner dans votre vrai foyer. Alors détendez vous.

Adelphe grimaça et tenta de se détendre du mieux qu'il pouvait. Satisfait, le psychologue fit signe à l'infirmière de faire ce pour quoi elle était venue, et reprit la parole pour occuper l'esprit d'Adelphe sur autre chose.

-Alors Adelphe, vous n'avez pas eu de souvenirs qui seraient remontés à la surface depuis notre dernier entretien ?

-Pas devant elle voyons ! s'exclama Adelphe en désignant la jeune femme d'un coup de tête

-En allemand si vous préférez ?

-Ah oui, j'oubliais que vous êtes d'origine allemande...

-Exactement ! Alors ?

-Eh bien, non. Toujours rien. Peut être des sensations de déjà-vues, mais rien de concluant. Je commence à désespérer sérieusement.

-Ne vous inquiétez pas. Si la famille qui vous a reconnu se trouve être réellement la votre, les souvenirs reviendront d'eux même à votre retour à votre foyer d'origine. Pour que le passé vous revienne, il faut des éléments déclencheurs que vous n'aurez sans doute jamais en restant ici, à New York.

-J'espère bien que vous avez raison...


-C'est fini monsieur Newbirth, déclara poliment la jeune infirmière en retirant l'élastique en caoutchouc de son bras.

Adelphe eut un long soupir de soulagement en se levant. Il tanga un peu, sous le regard amusé de son psychologue.

-Des faiblesses Adelphe ?

-Je vous invite à déjeuner. Etre à jeun avec mon physique n'est pas une si bonne idée.

-Vous auriez du manger avant, plutôt que de vous précipiter ici dès que votre réveil a sonné.

-Au moins c'est fait. Plus vite je retrouve ma famille, mieux je me porterais. Alors ? Vous venez déjeuner avec moi ?

-J'accepte. J'ai d'ailleurs besoin de vous parler de quelques petits détails qui me chiffonnent.


Adelphe haussa un sourcil, mais prit son mal en patience, et s'empara de sa veste pour sortir. Le psychologue prit l'initiative de conduire le véhicule du mannequin qui n'était pas trop en état de conduire correctement : avec une corpulence comme cela, le fait de ne pas avoir mangé rendait Adelphe faible et donc apte à tomber inconscient à n'importe quel moment. Pas très pratique pour conduire.

Sur le chemin, le brun somnolait légèrement, ne souhaitant qu'une chose : manger ou dormir.

La voiture ralentit devant un petit restaurant tranquille et peu rempli à cet heure là. Ils se garèrent, et sortirent de la belle automobile. Adelphe verrouilla les portes de sa Cadillac, avant de s'engouffrer à l'intérieur du restaurant.

Un serveur les installa à une table éloignée et tranquille, où personne ne pourrait les déranger pendant leur conversation pour demander un autographe à Adelphe ou autre.

-Alors ? de quoi vouliez vous me parler ?

-Je pense que nous devrions parler en allemand. C'est plus sûr.

-C'est assez pratique.

-Oui en effet. Mais trêve de plaisanterie. J'ai reçu votre dossier médical.

-Mon dossier médical ?! Mais pourquoi l'avoir demandé ?

-Je cherchais à comprendre certains petits détails sombres.

-Et mon dossier médical aurait pu vous apportez une aide quelconque ?

-Bien plus que vous ne pourriez le penser Adelphe.

-Eh bien je vous écoute.


Le psychologue sortit une enveloppe marron de son attaché-case noir en cuir qu'il tendit à Adelphe. Soupirant, il fixa Adelphe dans les yeux, fronçant légèrement les sourcils, l'air grave.

-Pourquoi ne pas m'avoir dit que vous aviez eu recours à la chirurgie esthétique ?

-Pardon ?!
s'exclama le mannequin, Je n'ai jamais eu à faire une chirurgie esthétique de ma vie ! Enfin, de ce que je m'en souviens.

Choqué, Adelphe sortit les papiers présents dans l'enveloppe, et se rendit compte qu'il s'agissait de photos. Des photos de lui-même, il y a huit ans. Mais certains détails lui sautèrent aux yeux : son nez n'avait pas la forme qu'actuellement, et il en était de même pour ses lèvres qui étaient bien plus charnus sur les photos qu'à présent.

-Vous... vous êtes sûr que c'est moi sur les photos ?

-Oui, les clichés ont été pris en novembre 2001. Avant votre opération.

-Impossible. J'étais encore dans le coma. Je n'en suis sorti que le 3 décembre.

-Ce n'est pourtant pas ce que dit votre dossier... Ah moins que...


Adelphe fronça des sourcils, dévisageant son psychologue, cherchant à savoir ce qu'il avait en tête. Celui-ci était en pleine réflexion, observant les papiers du dossier, ainsi que les photos.

-Je crois... ou plutôt il me parait évident que l'opération ait eu lieu pendant votre coma, chose que normalement, il est rarement possible de faire... C'est sans doute pour cela que votre date de réveil a été modifié sur votre dossier.

-Mais pourquoi donc ?

-Sans doute pour que votre famille ne vous reconnaisse pas.

-C'est ridicule ! J'étais extrêmement blessé en sortant des décombres, je pense qu'il est normal qu'on ait eu recours à la chirurgie ! Sans ça je n'aurai sans doute pas été...


Adelphe se tut, se rendant compte de sa phrase. Oui, sans chirurgie, il n'aurait jamais été mannequin. Sans ça, son père ne l'aurait jamais engagé dans son agence, et surtout, il n'aurait pas gagné autant d'argent sur son dos.

-Oui, vous n'auriez pas été mannequin. Je pense que le lien n'est pas compliqué à faire.

Le brun ne dit rien, trop énervé. Enervé qu'on lui cache des choses, encore une fois. Il repensait à la conversation houleuse avec son père. Cette conversation où il lui avait avoué les raisons de son adoption, mais surtout quand il lui avait dit qu'il savait très bien qu'il était d'origine allemande depuis le début, et qu'il l'avait laissé délibérer galérer dans différents pays du monde pour ses recherches.

-Adelphe ?

-Oui pardon...

-J'aurais les résultats du test Adn dans peu de temps... Sûrement une semaine, au pire deux.

-Mais je ne peux vraiment pas savoir qui a engagé la réouverture de mon dossier ?

-Un détective privé. Hélas je ne peux pas vous communiquer plus d'informations, et moi-même je ne sais pas pour qui, il travaille. Vous le saurez si les tests s'avèrent positifs.

-Je comprends...


Plus qu'une semaine ou deux. Si peu de temps par rapport à toutes ces années de recherches.

Tellement peu.



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# Posté le dimanche 24 août 2008 18:12

Modifié le vendredi 29 août 2008 17:27

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Tom grogna d'ennui. Aujourd'hui, rien à faire. Une semaine s'était passé depuis qu'il avait embrassé Adelphe, une semaine qu'ils étaient "ensemble", une semaine qu'ils n'avaient pas profité de la présence l'un de l'autre tant ils étaient demandés partout pour des défilés, des photo shoots etc. etc. Ils en étaient restés à s'embrasser quand ils se croisaient, à dormir ensemble assez tôt d'ailleurs tant ils étaient assommés de fatigue après leurs journées de forcenés.

Et forcément, le seul jour de libre qu'ils avaient, Adelphe disparaissait pour "affaires familiales" sans même prendre le temps de déjeuner, sans autre explication, semblant tout excité par ce qui l'attendait. Quoi ? Tom n'en avait aucune foutu idée.

Le photographe lui, n'avait pas grand-chose à faire, si ce n'est attendre l'appel du détective qui lui donnerait les résultats de la prise de sang, et donc, la nouvelle adresse de Bill. Du moins, si le test s'avérait positif.
Tom cessa de fixer la télévision d'un ½il totalement morne et perdu dans le vide, pour se décider à retourner dans sa chambre et à trouver une occupation constructive : en gros... nettoyer son appareil photo ou jouer de la guitare.
Cependant, en sortant du salon, il passa devant celle d'Adelphe. Chambre qu'il n'avait jamais eu l'occasion de voir. Jamais le brun ne l'avait autorisé à entrer dans son antre. Non en fait, il ne lui avait jamais proposé d'y entrer, ce qu'il prenait pour une interdiction silencieuse et implicite. Malgré tout, Tom aimait tout savoir d'une personne quand elle l'intéressait un minimum. Il n'aimait pas les secrets, les non-dits, même si lui-même en était un grand adepte.

La porte était entrouverte, attisant la curiosité du blond. Tendant l'oreille afin de vérifier qu'Adelphe n'allait pas débarquer d'un moment à un autre, Tom attendit quelques secondes avant de pénétrer dans la pièce strictement personnelle du brun. A première vue, la chambre était semblable au reste de l'appartement avec ses murs blancs sans vie (qu'ils n'avaient pas encore eu le temps de changer), cependant la présence de quelques photos et d'objets donnaient plus de personnalité à la pièce.

Tom ne s'attarda pas longtemps sur les rares photos récentes présentes sur les étagères et s'approcha du lit d'Adelphe. Sur une petite commode se trouvait un livre de chevet : à première vue un policier.

Pas de grand intérêt.

Il s'étonna du secret que faisait le brun sur cette pièce car, à première vue, il n'y avait rien de compromettant. Au contraire, c'était plutôt vide d'information à son sujet, surtout de son passé. Adelphe était quelqu'un de mystérieux, tout autant que Tom, et cette pièce renforçait cet aspect de son caractère.

Ouvrant le premier tiroir, il trouva juste quelques bijoux et autres babioles sans intérêt. Dans le second tiroir cependant, quelque chose attira vivement son regard.

Prenant la chose en main, il observa attentivement le vieux portable abîmé et irréparable, blanchissant à vue d'½il. Son c½ur ratant un battement, il reconnu avec stupeur le portable de Bill. Le portable qu'il avait en allant à New York. Ce même portable qui avait sonné dans le vide des heures durant après l'effondrement des tours. Ce même portable qui lui avait espéré des années que son frère fut encore en vie.

Sa bouche s'ouvrit et se ferma plusieurs fois, sans qu'aucun mot n'en sorte. Toutes les questions du monde se bousculaient dans sa tête, lui donnant des vertiges.
Mais, un claquement de porte le fit sortir de ses pensées perturbées, le ramenant à la réalité.

-Tom ?

Redescendant sur terre, et se rappelant l'endroit où il était, il jeta précipitamment le portable cassé dans le tiroir qu'il referma maladroitement. Ouvrant la porte pour sortir de la pièce, il tomba nez à nez avec Adelphe.
Adelphe qui le regardait, le fixait même, soupçonneux.

-Qu'est-ce que tu faisais ?

Tom ne prit pas le temps de répondre, il attrapa le mannequin par le poignet et l'emmena brutalement à la salle de bain. Se postant devant le miroir principal de la pièce, il ramena les cheveux d'Adelphe en arrière ainsi que les siens, dégageant leurs visages.

-Mais Tom qu'est ce...

-Tais toi.


Le blond observa attentivement leurs deux visages. Certes, ils avaient des yeux semblables, certes ils avaient la même forme de visage, certes ils avaient une certaine ressemblance.

Mais Adelphe ne lui était pas identique. Adelphe n'était pas son jumeau.

Hélas... Adelphe ne pouvait pas être Bill.



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# Posté le jeudi 04 septembre 2008 12:52

Modifié le jeudi 04 septembre 2008 14:12

"Happy Birthday"

Ce n'est pas un anniversaire très joyeux, mais c'est un jour à ne pas effacer de nos mémoires.

Il y a 7 ans, deux tours tombaient.

Il y a 7 ans de nombreuses personnes sont mortes injustement.

Alors ne l'oublions pas.

# Posté le mercredi 10 septembre 2008 16:34

Modifié le jeudi 11 septembre 2008 17:58

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-TOM OUVRE CETTE PORTE !

Adelphe s'acharna encore une bonne minute contre le pauvre morceau de bois qui le séparait de son petit ami. Petit ami qui, depuis une heure, refusait de lui adresser la parole et de lui expliquer son étrange attitude.
Le brun s'arrêta de frapper, et posa son front contre la porte, soupirant.

-Tom s'il te plait... Explique moi, je voudrais comprendre. Parle moi au moins.

-Il n'y a rien à comprendre, laisse moi. J'ai besoin de me détendre.

-Et je ne peux pas t'y aider ?

-Non.


Il se mit à dessiner des arabesques invisibles sur le bois, le front toujours collé à celui-ci, écoutant la respiration précipitée de Tom qui essayait de se calmer du mieux qu'il pouvait.

-Alors le problème vient de moi, c'est ça ?

Tom ne répondit pas, blessant le mannequin. Il lui confirmait que le problème était lui, tout simplement, comme avant, comme si leur relation n'avait rien changé. Il s'éloigna de la porte, collant son dos au mur d'en face, et se laissa glisser doucement au sol. D'un ½il triste, il fixa cette maudite pièce de bois qui l'empêchait de frapper Tom, de l'insulter, de l'embrasser, de l'aimer. Non bien sûr, la porte n'était pas le seul problème dans leur relation. Le vrai soucis venait de tous ces non-dits entre eux, toutes ces choses qu'ils se cachaient, qu'ils faisaient dans le dos l'un de l'autre. Aucun pour rattraper l'attitude de l'autre. Ca allait au début, ils n'avaient pas le temps de se préoccuper d'eux deux, autre que de se faire quelques câlins avant d'aller dormir. Sauf que, là, ils avaient le temps. Le temps de se rendre compte que quelque chose tournait mal dans leur relation. Le temps de se rendre compte que les câlins et les petits sourires lancés entre deux photos ne suffisaient pas.

-Tom... s'il te plait. On devrait parler... Parler plutôt que de se fuir. On vit ensemble. Tu ne pourras pas rester éternellement dans ta chambre.

-Et tu ne m'attendras pas éternellement.

-Si.


Une nouvelle fois, un silence s'installa. Il entendit qu'on bougeait dans l'autre pièce. Quelques pas, la porte qui tremble un peu, puis plus rien : Tom s'était assis, dos contre la porte, écoutant la respiration lente mais sifflante d'Adelphe.

-Tu crois vraiment que ça peut fonctionner entre nous ?

-J'en suis persuadé.

-Même si on ne cache tout ?

-Du moment qu'on y trouve notre compte tous les deux.

-Alors ce n'est que de l'intérêt ?


Adelphe ne répondit pas à cette question. Tout ce que Tom voulait, c'était de vivre par lui-même. Il le savait. Mais lui, tout ce qu'il voulait, c'était aimer quelqu'un comme il l'entendait. Et là, il s'agissait d'aimer Tom. Avoir une vie. Une vraie. Créer ses propres souvenirs avec des personnes qui lui importent vraiment.
Non pour lui ce n'était pas de l'intérêt, c'était retrouvé un souffle de vie. Mais bien entendu, tout cela n'était qu'en sens unique.
Tom ne l'aimait pas, il le savait. Du moins, pas comme lui il aimerait que Tom l'aime.

Non car Tom aimait Bill. Il aimait son frère. Frère qu'Adelphe jalousait, haïssait.

Mais le silence était son maître mot, alors il se contentait de ce qu'il pouvait avoir : au moins le corps et la tendresse de Tom. Ce n'était pas rien.

-Appelle ça comme tu le veux.

De nouveau du bruit dans la pièce : Tom se relevait.

Dans un bruit de métal bruyant, la clé fit quelques tours dans sa serrure, et la porte s'ouvrit en grinçant légèrement, laissant apparaître Tom, les yeux rouges et le teint pâle.

Il y avait cru. Il y avait tellement cru l'espace de quelques minutes. Il avait eu peur. Peur qu'Adelphe puisse être Bill. Heureusement, ce n'était pas le cas, mais il avait fallu pour lui quelques temps pour se remettre de ses émotions.

Adelphe se releva, mais ne s'approcha pas de Tom, préférant le laisser venir vers lui. Mais le photographe se contenta de marcher vers le salon, et de s'installer sur le canapé central, sans un regard pour le jeune mannequin qui le rejoignit malgré tout.

Le brun se posa aussi sur le canapé, à bonne distance de Tom, n'osant pas trop l'approcher. Il semblait déçu. Ou plutôt, triste. Non en fait, il ne savait pas. Son air était indéfinissable.
Le silence fut long mais surtout, il fut lourd. Adelphe ne savait pas s'il devait engager la conversation, et quand il tentait de le faire, il ne savait pas quoi dire. Tom lui, restait muet. Désespérément muet.

Le mannequin se redressa un peu, et soupira en se passant la main dans ses longs cheveux bruns.

-Tom...

Doucement, le blond ouvrit ses bras, invitant le brun à le rejoindre, ce que ce dernier fit sans attendre. Tom soupira à son tour en serrant le frêle petit homme avec qui il passait la majeur partie de ses journées depuis quelques temps.

-Désolé.

Le blond était sincère.

C'est ce qui toucha le plus Adelphe, alors qu'il resserrait son étreinte, pensant qu'il n'avait jamais eu autant ce sentiment de protection dans les bras de quelqu'un, et qu'à présent, loin était derrière lui les images sombres et cauchemardesque des cadavres éventrées des deux tours jumelles du World Trade Center, où il s'était retrouvé emprisonné des heures durant.

Du moins, c'est ce qu'il voulait croire.




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# Posté le jeudi 11 septembre 2008 17:32