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Cela faisait bientôt une semaine que Tom n'était pas sorti de sa chambre. Une semaine qu'il refusait d'ouvrir la bouche. Simone s'inquiétait réellement pour son fils. Elle avait cette horrible impression de revenir huit ans en arrière, et sa plus grande peur était de perdre son fils aîné.
Mais surtout, elle était perturbée par la lettre qu'elle avait reçu la veille. Tom n'avait rien voulu lui expliquer.
Et c'est pour cette raison qu'elle décrocha le téléphone et qu'elle composa avec lenteur un numéro newyorkais. Hésitant quelques secondes, elle appuya sur la touche verte du téléphone, priant pour ne pas commettre d'erreurs.
[...]
Adelphe lorgna une minute son verre de whisky avant de le reposer sur la table basse en soupirant et sans en avoir touché une seule goutte.
Non décidément, l'alcool n'était pas une solution. Ca ne l'aidait pas à comprendre, ça ne l'aidait pas à agir, à sortir, à décrocher ce putain de téléphone. Non, ça l'aidait juste à n'être que plus pathétique qu'il ne l'était déjà. Si c'était possible.
Le fixe se mit alors à sonner. Il dévisagea le pauvre objet un long moment. Premier appel depuis une semaine. Devait-il répondre ou devait-il s'effiler ce verre d'alcool cul sec pour oublier provisoirement sa misère et ses problèmes.
La sonnerie se fit d'autant plus stridente, que, pour la survie de ses pauvres oreilles, il décida de décrocher.
Grand bien lui en prit...
-Hi...
-B... Adelphe ?
Le brun frissonna. Simone. Sa mère ?
Il savait à présent qu'elle était au courant au vue de son hésitation du début. Elle allait l'appeler Bill. Il en était plus que certain.
-Madame Kaulitz ?
-Appelle moi... Simone...
Encore une hésitation. Un silence inconfortable s'installa, sans pour autant qu'aucun d'eux ne raccrocha et ce, malgré le malaise qu'ils ressentaient. Simone décida de faire le premier pas (elle doutait qu'Adelphe ne le fasse de toute façon).
-Je... je ne sais pas si... si tu es au courant... mais... j'ai reçu une lettre... de New York... Tom n'a rien voulu expliquer...
Simone semblait se perdre dans les mots et Adelphe frissonna quand elle parla de Tom.
-Oui je suis au courant... souffla-t-il en fixant avec amertume une photo de Tom lui-même en train de le photographier pour un photoshooting
-Je pense... que tu devrais... rentrer à la maison... C'est chez toi après tout...
-Je n'ai pas retrouvé tous mes souvenirs vous savez... Très peu me sont revenus.
-Ne me vouvoie pas après tout, je... je suis ta mère...
-Je sais...
Maintenant il restait à l'accepter.
[...]
Simone raccrocha, un petit sourire aux lèvres. La situation ne semblait pas totalement désespérée, du moins c'est ce qu'elle espérait.
Elle monta doucement les escaliers, pour se poster devant la porte de Tom. Aucun bruit ne se faisait entendre de l'extérieur, mais elle savait qu'il était là.
-Tom.
Aucune réponse comme toujours.
-Tom, ton.... ton frère rentre dans trois jours...
Un bruit sourd se fit entendre.
-Tom ?
-Je ne veux pas d'Adelphe ici ! Sinon c'est moi qui part !
Simone eut un hoquet de surprise devant une telle violence dans les paroles de Tom.
-Tom, il s'appelle Bill et c'est ton frère.
-Je n'ai plus de frère! Bill est mort! Il est mort et ne reviendra pas!
Si Tom avait été devant elle, elle n'aurait eu aucun remord à le gifler pour ce qu'il osait dire.
-Tom, j'ai passé huit ans à essayer de vivre avec la mort de Bill sur la conscience tout en supportant tes incessants espoirs qu'il soit en vie quelque part. Maintenant que tu l'as retrouvé, tu voudrais me le retirer à nouveau en égoïste ? Mon dieu, mais vois deux secondes tout le mal que tu nous fait, à ton frère et à moi.
Le silence remplaça sa voix et Tom ne trouvait rien à répondre. Juste à écouter les sanglots retenus de sa mère.
Simone abandonna, et descendit à l'étage inférieur pour attendre le retour de Gordon.
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