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Biip.... Biip.... Bi...
-Allo ?
-Marco ?
-Aaah Kaulitz ! Quel plaisir de t'entendre de nouveau ! Ca faisait bien longtemps, je n'espérais plus tes appels depuis quelques temps ! Je peux t'être utile en quelque chose peut être ?
-J'ai de l'argent. Comme avant.
-Mouah, quel plaisir de refaire affaire avec toi. Je passe ce soir à 22h30 avec ce qu'il te faut, chez toi. T'inquiète j'ai toujours ton adresse. A plus tard vieux.
BipBipBipBip.
Il observa son portable d'un regard éteint. Il venait de faire, pour la seconde fois de sa vie, la plus grosse des conneries. Bizarrement, il s'en fichait. Peu de choses lui importait en fait. Il se sentait constamment vidé, morne etc. Il aurait pu rester longtemps à regarder son cellulaire fixement, si seulement la porte de l'entrée n'avait pas claqué si fort. De sa chambre, Tom pu entendre la voix douce et enjouée de sa mère qui débitait un nombre incroyable de paroles à la seconde, sans que personne ne l'interrompt.
Il s'approcha de sa porte, la main près de la poignée, prêt à sortir saluer sa mère pour la première fois depuis son retour, quand, une voix s'éleva au bas des escaliers, lui arrivant droit aux oreilles, droit à son c½ur qui manqua un battement. Sa respiration se bloqua, et il lâcha la poignée comme si elle eut été chauffé à blanc.
La voix de sa Némésis se rapprochait dangereusement, accentuée par les bruits de ses pas dans les escaliers.
Puis tout bruit cessa. Tom bloquait sa respiration, maudissait sa mère d'avoir fait gravé son prénom dans la porte de sa chambre. Il sentait sa présence de l'autre côté de la porte. Il pouvait presque entendre sa respiration à travers la cloison en bois. Comme s'il était à côté de lui.
Il avait envie d'ouvrir cette putain de porte, d'attraper violemment la nuque de son alter-ego et de l'embrasser jusqu'à ce que mort s'en suive, tout comme il voulait hurler, lui hurler de partir, de ne plus l'approcher, d'aller crever dans son coin, de cesser d'exister. Toutes ces envies se succédaient et se mélangeaient dans sa tête, lui donnant la nausée.
Il le haïssait tout comme il l'aimait. Cet homme, son frère.
Il le savait, c'était gravé en lettres de feu dans son esprit, mais il le rejetait violemment, non non non... Il ne le voulait pas, cela ne pouvait pas être possible...
Ses pensées furent interrompues par un reniflement provenant du couloir, et des bruits de pas qui reprirent pour s'éloigner.
Tom respira de nouveau, se laissant aller contre la porte de sa chambre, le front collé contre le bois froid, fermant les yeux pour calmer les battements affolés de son c½ur. Il sentait ses yeux lui piquer désagréablement, mais il retint toute forme apparente de tristesse o u de désespoir, bien qu'il soit seul.
Ce soir tout irait mieux.
Il retrouverait son nuage de bonheur artificiel et éphémère.
[...]
Simone but d'une traite la fin de son verre d'eau. Il n'y avait pas eu de dispute. Pas de discussion non plus d'ailleurs. En fait, Tom avait fait le mort, et Adelphe n'avait pas parlé du blond. Comme s'ils préféraient s'ignorer afin de retarder le moment de leurs retrouvailles.
Elle ne comprenait définitivement plus Tom. Voilà des années qu'il souffrait de retrouver un jour son frère, et maintenant qu'il l'avait, il le considérait comme mort. Que s'était-il passé entre eux à New York ? Peut-être ne s'étaient-ils pas entendus ? Peut être que le choc de la nouvelle avait plus dur que Simone ne l'aurait cru....
-Mad... Simone ?
Elle releva les yeux vers son cadet. Dieu qu'elle le trouvait beau son fils. Comme elle l'aimait d'un amour maternel débordant. Plus jamais, jamais elle ne voulait qu'on lui retire un de ses précieux trésors. Cependant, qu'il l'appelle Simone l'avait quelque peu refroidit. Elle n'était pas encore sa mère. Un retour à la normale était impossible.
Il la regardait d'un air inquiet avec son regard noisette si familier.
C'est de famille.
Les mêmes yeux que Tom. Les mêmes que les siens. Ceux de son Bill.
Ses yeux se voilèrent légèrement. Le remord la rongeait si violemment. Mon dieu mais COMMENT n'avait-elle pu se rendre compte de l'évidence ? Quelle mère ferait ça ?
Il se rapprochait d'elle, de sa démarche inconsciemment féline et fluide, remettant ses cheveux bruns derrière ses oreilles légèrement décollées dont elle se moquait gentiment quand les jumeaux étaient enfants. Il posa sa grande main blanche, si semblable à celle de son frère, plus fine, plus lisse, plus entretenue, sur son épaule, dans un geste de réconfort. Et toujours cette inquiétude.
C'est comme si les rôles s'inversaient.
Le fils réconfortant la mère, qui elle pleurait à présent contre le cou de son enfant.
Il y avait tellement de choses à rattraper ensemble.
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