C h a p i t r e S i x _______________________________________ K a p i t e l S e c h s

C h a p i t r e  S i x  _______________________________________ K a p i t e l  S e c h s
__*

__*____*



Biip.... Biip.... Bi...

-Allo ?

-Marco ?

-Aaah Kaulitz ! Quel plaisir de t'entendre de nouveau ! Ca faisait bien longtemps, je n'espérais plus tes appels depuis quelques temps ! Je peux t'être utile en quelque chose peut être ?

-J'ai de l'argent. Comme avant.

-Mouah, quel plaisir de refaire affaire avec toi. Je passe ce soir à 22h30 avec ce qu'il te faut, chez toi. T'inquiète j'ai toujours ton adresse. A plus tard vieux.


BipBipBipBip.


Il observa son portable d'un regard éteint. Il venait de faire, pour la seconde fois de sa vie, la plus grosse des conneries. Bizarrement, il s'en fichait. Peu de choses lui importait en fait. Il se sentait constamment vidé, morne etc. Il aurait pu rester longtemps à regarder son cellulaire fixement, si seulement la porte de l'entrée n'avait pas claqué si fort. De sa chambre, Tom pu entendre la voix douce et enjouée de sa mère qui débitait un nombre incroyable de paroles à la seconde, sans que personne ne l'interrompt.

Il s'approcha de sa porte, la main près de la poignée, prêt à sortir saluer sa mère pour la première fois depuis son retour, quand, une voix s'éleva au bas des escaliers, lui arrivant droit aux oreilles, droit à son c½ur qui manqua un battement. Sa respiration se bloqua, et il lâcha la poignée comme si elle eut été chauffé à blanc.

La voix de sa Némésis se rapprochait dangereusement, accentuée par les bruits de ses pas dans les escaliers.

Puis tout bruit cessa. Tom bloquait sa respiration, maudissait sa mère d'avoir fait gravé son prénom dans la porte de sa chambre. Il sentait sa présence de l'autre côté de la porte. Il pouvait presque entendre sa respiration à travers la cloison en bois. Comme s'il était à côté de lui.

Il avait envie d'ouvrir cette putain de porte, d'attraper violemment la nuque de son alter-ego et de l'embrasser jusqu'à ce que mort s'en suive, tout comme il voulait hurler, lui hurler de partir, de ne plus l'approcher, d'aller crever dans son coin, de cesser d'exister. Toutes ces envies se succédaient et se mélangeaient dans sa tête, lui donnant la nausée.

Il le haïssait tout comme il l'aimait. Cet homme, son frère.
Il le savait, c'était gravé en lettres de feu dans son esprit, mais il le rejetait violemment, non non non... Il ne le voulait pas, cela ne pouvait pas être possible...

Ses pensées furent interrompues par un reniflement provenant du couloir, et des bruits de pas qui reprirent pour s'éloigner.

Tom respira de nouveau, se laissant aller contre la porte de sa chambre, le front collé contre le bois froid, fermant les yeux pour calmer les battements affolés de son c½ur. Il sentait ses yeux lui piquer désagréablement, mais il retint toute forme apparente de tristesse o u de désespoir, bien qu'il soit seul.

Ce soir tout irait mieux.

Il retrouverait son nuage de bonheur artificiel et éphémère.

[...]

Simone but d'une traite la fin de son verre d'eau. Il n'y avait pas eu de dispute. Pas de discussion non plus d'ailleurs. En fait, Tom avait fait le mort, et Adelphe n'avait pas parlé du blond. Comme s'ils préféraient s'ignorer afin de retarder le moment de leurs retrouvailles.

Elle ne comprenait définitivement plus Tom. Voilà des années qu'il souffrait de retrouver un jour son frère, et maintenant qu'il l'avait, il le considérait comme mort. Que s'était-il passé entre eux à New York ? Peut-être ne s'étaient-ils pas entendus ? Peut être que le choc de la nouvelle avait plus dur que Simone ne l'aurait cru....

-Mad... Simone ?


Elle releva les yeux vers son cadet. Dieu qu'elle le trouvait beau son fils. Comme elle l'aimait d'un amour maternel débordant. Plus jamais, jamais elle ne voulait qu'on lui retire un de ses précieux trésors. Cependant, qu'il l'appelle Simone l'avait quelque peu refroidit. Elle n'était pas encore sa mère. Un retour à la normale était impossible.

Il la regardait d'un air inquiet avec son regard noisette si familier.

C'est de famille.

Les mêmes yeux que Tom. Les mêmes que les siens. Ceux de son Bill.

Ses yeux se voilèrent légèrement. Le remord la rongeait si violemment. Mon dieu mais COMMENT n'avait-elle pu se rendre compte de l'évidence ? Quelle mère ferait ça ?

Il se rapprochait d'elle, de sa démarche inconsciemment féline et fluide, remettant ses cheveux bruns derrière ses oreilles légèrement décollées dont elle se moquait gentiment quand les jumeaux étaient enfants. Il posa sa grande main blanche, si semblable à celle de son frère, plus fine, plus lisse, plus entretenue, sur son épaule, dans un geste de réconfort. Et toujours cette inquiétude.

C'est comme si les rôles s'inversaient.

Le fils réconfortant la mère, qui elle pleurait à présent contre le cou de son enfant.

Il y avait tellement de choses à rattraper ensemble.

Tellement de temps à récupérer, pour oublier doucement les douleurs du passé.



__*____*

__*




# Posté le lundi 02 mars 2009 10:38

C h a p i t r e S e p t _____________________________________ K a p i t e l S i e b e n

__*

__*____*


Le silence était relativement omniprésent pendant le repas. Tom n'était pas descendu, bien entendu. Pourtant Simone avait essayé. Sans succès. Adelphe ne savait s'il devait se sentir blessé ou soulagé. D'un côté, il redoutait la confrontation avec son « frère », mais de l'autre, il acceptait mal d'être rejeté aussi violemment par le blond.

Les petits coups d'½il entre la mère et le fils étaient fréquents, ponctués par des petits sourires lorsqu'ils se croisaient. Mais tout restait silencieux. Tous les deux étaient un peu gênés, ne sachant pas quelle conversation entamer. Alors ils préféraient ne rien dire pour l'instant.

Il était bientôt 22heures quand Simone, ayant débarrassé la table, lavait consciencieusement la vaisselle du repas, épaulé par Adelphe qui essuyait avec attention le tout afin de le ranger dans les placards.
La sonnette de la porte d'entrée les surprit tous les deux. Ils échangèrent un regard interrogatif, cherchant chez l'autre la raison de cette visite tardive.

Adelphe proposa d'aller ouvrir, Simone ne sembla pas contre, et le laissa faire. Sans regarder à travers l'½il de b½uf, le jeune brun ouvrit la porte d'entrée, et découvrit un homme à peine plus vieux que lui, des cheveux châtains légèrement bouclés, un petit air angélique sur son visage rond et hâlé, bouffé par de grands yeux verts-bleus.
Un bel homme qui aurait sans problème pu plaire à Adelphe. Cependant, quelque chose chez lui l'énervait. Il l'aimait pas, il ne lui inspirait pas confiance.

-Bonsoir. Je viens voir Tom, je sais qu'il est tard, mais il m'a appelé à la dernière minute.

-Et vous êtes ?
demanda Adelphe d'un ton particulièrement méfiant

-Marco, un ami. De longue date.

-Ah...


Pourtant il ne s'effaça pas pour le laisser passer. En fait, si Simone n'était pas arrivée pour voir de qui il s'agissait, Adelphe ne l'aurait sûrement jamais laissé entrer dans la maison.

-Bonsoir jeune homme. Vous venez voir Tom ? Ca faisait longtemps qu'on ne vous avait pas vu à la maison. Entrez donc, il est dans sa chambre, vous connaissez le chemin ?

-Oui merci madame Kaulitz.


Marco passa à côté d'Adelphe, un petit sourire flottant au bord des lèvres, un petit air satisfait, limite victorieux sur le visage. Pourquoi, Adelphe ne le savait guère, cependant, cela suffit à l'angoisser. Qui était-il ? Pourquoi était-il là, à cette heure là ?

[...]

-Hey Kaulitz. Tu as l'argent ?

-Bien sûr.

-J'ai débarqué un peu tôt chez toi, mais j'ai une autre commande qui m'attend alors il faut que je me dépêche.


Tom haussa les épaules, l'air bien peu intéressé par les paroles du dealer. Il ouvrit le premier tiroir de son bureau d'un geste las, pour en sortir quelques billets prévus à cet effet plus tôt dans la journée. Marco empocha l'argent avec un sourire de bien heureux, accentuant son air innocent, ce qui le rendait encore plus malsain qu'il ne l'était.

Il ouvrit la sacoche en cuir qu'il gardait bien près de lui depuis son arrivée dans la chambre. Souvent il s'était limite fait agresser par des accros n'en pouvant plus d'attendre d'avoir leur dose. Il sortit un petit paquet blanc délicatement enveloppé, à l'abri des regards indiscrets, et avant de le donner à Tom dont le regard avait pris une étrange lueur, il rajouta quelques paroles pour la forme :

-Je n'avais plus de Rach, alors je t'ai mis de l'héroïne pour le même prix. Et ne t'inquiète pas, je te l'ai préparé à fumer, je sais que tu n'es pas un grand admirateur des seringues. Pour l'ecsta, je t'en ai mis seulement cinq comprimés, comme ta dernière commande. Si tu as besoin de plus, tu as toujours mon numéro. Et puis, mollo avec l'héro pour la redescente, c'est plus fort que le Rach, hein Kaulitz. Mais bon, tu connais le truc. Allez, tiens, j'dois filer de toute façon.

Il lui lança le paquet que Tom réceptionna avec attention, pour le regarder sous toutes les coutures, n'osant le dépaqueter, par peur, appréhension, ou pour retarder le moment de son envol.

Bien entendu, ce n'était pas le problème de Marco de savoir ce qu'il allait en faire, et c'est pour cette raison, qu'il s'éclipsa, sans au revoir, préférant ne pas retarder son départ. De toute façon, ce n'est pas comme s'il en avait quelque chose à faire de Tom, ce n'était pas son ami : seul sa dépendance à la drogue pouvait lui être intéressante...

Lorsqu'il descendit les escaliers, il recroisa Adelphe à qui il adressa un sourire des plus hypocrites, bien que le regard qu'il posa sur la chute de reins du brun fut bien plus sincère qu'il n'aurait voulu le laisser croire.

En passant la porte d'entrée qui se referma derrière lui, Marco eut un petit rire, directement adressé à ce petit brun à l'air bien méfiant qui lui avait ouvert la porte.

S'il savait le pauvre...


[...]

Adelphe tournait en rond dans sa chambre, tel un lion enfermé dans sa cage. Parfois ses pas s'arrêtaient devant la porte de la pièce, le pied vers l'avant, prêt à sortir, mais il se ravisait toujours et se remettait à faire les cents pas, se donnant lui-même le tournis. Un moment, la nausée commençait à monter, et il préféra arrêter de tenter de creuser un fossé dans son parquet pour s'assoir sur son lit.

C'était à s'en arracher les cheveux, cette histoire le rendrait fou si ce n'était pas déjà fait. Il crevait (dans tous les sens du terme) d'envie d'aller voir Tom, lui parler seulement, mais chaque fois, le souvenir de l'aéroport le calmait violemment.

Tom ne voulait sûrement pas le voir.

Sinon il serait sûrement déjà venu le voir.

« C'est une bonne chose que tu sois rentré. Ton frère a besoin de toi je pense. »

Les paroles de Jessica lui revinrent à l'esprit. Peut être avait-elle raison...
Il fit alors face à la porte de sa chambre, l'air déterminé. La main sur la poignée, il hésita une dernière fois, avant de l'actionner.
Ce fut une fois qu'il fut devant la porte de Tom qu'il ne sut pas comment faire. Frapper ? Entrer sans y être invité ? Rester planté là en attendant que le blond daigne ouvrir la porte de lui-même ?

En fait, aucune des propositions ne l'emballait. Elles lui faisaient toutes peur. Pourquoi ? Il n'en avait aucun foutu idée.

C'est sa main qui décida pour lui, et il se retrouva dans la chambre de son alter ego en moins de temps qu'il ne l'aurait cru.

Il faisait sombre, très sombre et au début, Adelphe pensa qu'il n'y avait personne dans la pièce, cependant, le bruit d'une respiration sifflante l'interpella. Il avança doucement, vers l'ombre qu'il commençait à entrapercevoir maintenant que ses yeux s'habituaient à l'obscurité.

Tom était accroupi à terre, la tête baissée, serrant dans sa main droite un petit paquet blanc qu'il fixait avec insistance. Mais tout cela, Adelphe ne pouvait que le deviner, et il n'en était pas vraiment sûr. Peut être était-il en train de faire totalement autre chose, mais sa supposition première lui semblait plus réaliste par rapport à ce que ses yeux lui laissaient voir.

Le c½ur du brun battait à toute vitesse, lui donnant mal à la tête, comme si ses tempes allaient exploser, ses mains devenaient moites au fur et à mesure qu'il avançait vers son frère et ses jambes semblaient sur le point de lâcher.

-... Tom... ?

Il s'était arrêté à moins d'un mètre du blond, n'osant plus faire un autre pas, de peur qu'il s'énerve, qu'il crie, qu'il hurle toutes les horribles paroles qu'Adelphe pensait déjà entendre.

Mais le blond ne réagit pas. D'après ce qu'il pouvait deviner, Tom faisait de légers mouvements de balanciers, d'avant vers l'arrière, régulièrement, sans violence, mais avec lenteur. Il fixait toujours son petit paquet blanc, le serrant plus fort qu'il le pouvait, les mains tremblantes.

Et alors qu'Adelphe se mettait à fixer ce petit paquet blanc à son tour, il eut extrêmement peur de comprendre.

« Tu dois lui faire retrouver le sourire... »

« Bonsoir. Je viens voir Tom, je sais qu'il est tard, mais il m'a appelé à la dernière minute. »

« Ca faisait longtemps qu'on ne vous avait pas vu à la maison. »


Tom ne s'était-il pas drogué à une période ? N'était-ce pas les propos même qu'il avait capté entre Jessica et Chris lorsqu'ils étaient encore tous à l'école de photographie de Berlin ?
Il ne pouvait détacher les yeux du petit paquet blanc, avec stupeur cette fois.

Il ne se vit pas partir, il ne se vit pas sauter sur Tom pour lui arracher cette chose. Il ne s'en rendit compte qu'au moment où ses mains se refermèrent sur du plastique, et lorsque Tom sembla enfin se réveiller.
Il ne s'en rendit compte qu'au moment où il sentit les mains de Tom se refermer autour de son cou avec force, et qu'il tenta de se débattre du mieux qu'il pouvait.
Il ne s'en rendit compte, qu'au moment où la prise sur sa gorge se relâcha, et qu'il croisa le regard qu'il devina perdu de Tom alors que ses propres yeux étaient pleins de larmes.

Et il perdit totalement conscience de la situation lorsque Tom ouvrit enfin la bouche pour ne laisser échapper qu'un souffle dévastateur qui bien que murmuré, avait eu l'effet d'un mot hurlé :

-Bill ?




__*____*

__*
C h a p i t r e  S e p t _____________________________________ K a p i t e l  S i e b e n

# Posté le vendredi 27 mars 2009 15:02

Modifié le vendredi 27 mars 2009 19:33

C h a p i t r e H u i t _____________________________________ K a p i t e l A c h t

C h a p i t r e  H u i t _____________________________________ K a p i t e l  A c h t
__*

__*____*


Stop. Pause. Arrêt sur image. Bug. Suspension dans le temps. Blocage.

Il en oubliait même de respirer.

Tout semblait s'être arrêté totalement, brusquement, sans qu'il n'ait eu le temps de rejeter l'air qui restait à présent bloquer dans ses poumons. Même son c½ur semblait cesser de battre, et il ne sentait plus son sang taper contre ses tempes sous l'afflux de stress.

Même Tom semblait avoir stopper tout battement de cils, tout clignement d'yeux.

Le temps paraissait avoir oublié de reprendre.

La première chose qu'il sentit reprendre vie, ce fut sa peau. Elle frissonnait délicieusement depuis qu'il ressentait le souffle chaud de Tom qui s'écrasait sur son visage. Puis, son c½ur faillit lui faire manquer d'air tellement il sembla rebattre trop rapidement d'un coup. Il déglutit difficilement, sa gorge toujours douloureuse, et sûrement marquée de traces rouges à présent.

Les mains de Tom se trouvait à présent de chaque côté de son visage, l'encadrant complètement, et il sentait les fesses du blond qui écrasaient complètement son bassin, ne lui laissant aucun échappatoire.
Mais même s'il y en avait un, il ne l'aurait sûrement pas pris.

-Bill ? C'est vraiment toi ?

Tom semblait complètement perdu, sur le point de pleurer tellement ses yeux brillaient. Et Adelphe ne savait plus quoi faire.

« Bill ? C'est toi ? Pourquoi tu pleures ? »

Il frissonna. Oui il était Bill. Mais pas celui que Tom attendait.
Il sentit qu'on lui caressait tendrement la joue, essuyant les larmes qui y avaient coulé. Fermant les yeux, il se laissa aller à cette douce caresse. Son c½ur se calma, et il s'apaisait aux rythmes qu'effectuait la main de son frère sur son visage. Avec lenteur, délicatesse et amour. Il soupira doucement, sans vraiment s'en rendre compte.
S'il n'avait pas fermé les yeux, il aurait pu voir le regard presque émerveillé de son double posé sur lui, le dévorant du regard, observant la moindre de ses réactions sous ses mouvements. Sa peau était si douce. Adelphe ouvrit légèrement la bouche pour dire quelque chose, mais il sentit la bouche de son vis-à-vis attraper sa lèvre inférieure et la caresser avec sa langue.
Par automatisme, il releva la nuque et transforma la caresse en baiser langoureux, sans laisser le temps à Tom de donner son avis, sa langue était partie exploser le palais du jeune homme. Celle de Tom ne perdit pas de temps pour la rejoindre, et Adelphe se sentait soupirer dans le baiser tant attendu, tant désiré. Il gigota un peu, sentant son bassin chauffer. Tom prit cela pour une invitation, et l'inconscient frotta lentement ses fesses contre l'aine du brun qui commençait à perdre pied avec la réalité, si ce n'était pas déjà fait.

-Bill... Bill tu m'as vraiment manqué tu sais... souffla le blond sur les lèvres rougies du mannequin

La tête de celui-ci partit en arrière alors que le blond déposait lentement de petits baisers papillons sur le long de son cou. Il bouillonnait intérieurement, mais un petit élément dans son champ de vision eut vite fait de le refroidir.

Le petit paquet blanc.

Il redressa violemment la tête, croisant à nouveau le regard de Tom. Mais il le détailla bien plus qu'auparavant, et ce qu'il vit lui fit l'effet d'une douche froide, le ramenant directement sur terre : Tom n'était pas dans son état normal.

Il repoussa doucement le blond, gentiment, pour ne pas le brusquer, mais celui-ci eut l'air blessé par ce geste, et s'empressa de prendre Adelphe dans ses bras, avec force, l'étouffant presque. Le pauvre jeune homme était perdu par les réactions de Tom, et il tenta doucement de se défaire de l'étreinte à nouveau.

-Tom... je...

Il s'interrompit en sentant son t-shirt s'humidifier au niveau de son épaule. Le dos de Tom, seul partie de son corps qu'il voyait, tremblait légèrement, et la prise du blond se renforçait de plus en plus.

-Ne pars pas... Pas encore... Ne me laisse plus tout seul Bill... Je t'aime moi tu le sais... Ne me laisse plus, je t'en supplie...

Tom délirait. Et Adelphe se sentait pleurer sous les paroles de son frère. Silencieusement certes, mais il pleurait quand même. Il cessa de vouloir se séparer de Tom, et l'entoura simplement de ses bras.
Et tout doucement, il le consola, sans parler, juste de son étreinte, se faisant pardonner un départ dont il n'avait jamais eu conscience.


« Bill ? C'est toi ? Pourquoi tu pleures ? »
« Je ne veux pas partir sans toi Tomi. J'ai l'impression de t'abandonner. »
« T'inquiète pas. Une semaine, c'est rien. Je tiendrais le coup, hein...»




__*____*

__*

# Posté le mercredi 29 avril 2009 20:26

Modifié le jeudi 30 avril 2009 00:12

C h a p i t r e N e u f_____________________________________ K a p i t e l N e u n

Rappel dialogues :

- italique pour l'anglais
- gras pour l'allemand


__*

__*____*



Tom observa d'un regard perdu les premiers rayons de soleil qui commençaient à envahir sa chambre. Cela faisait quelques heures déjà qu'il était levé, mais il n'avait pas bougé. De temps en temps, il avait senti les bras d'Adelphe bouger un peu, le resserrant contre lui, ou le relâchant un peu. Parfois même, le nez du brun s'était glissé dans son cou, le chatouillant un peu, mais il restait silencieux, laissant le jeune homme qui l'accompagnait dormir tranquillement.

Non, en réalité, il ne voulait qu'une chose, qu'Adelphe reste endormi, le garder dans ses bras, sans mot, sans explication, sans question, sans regard perdu ou interrogateur, voire inquisiteur.

Il avait tout simplement peur.

Pas d'Adelphe non, mais de son frère.

[...]

-Bien dormi ?

Adelphe fit un petit sourire endormi à sa mère qui avait préparé différents plats pour son petit déjeuner, ne sachant pas trop ce qui lui plairait. Le regard fatigué du jeune homme observa les pancakes, toats, confitures, fromages frais et charcuterie qui se posaient devant ses yeux. Simone lui posa gentiment un expresso sous le nez, sentant que sa nuit avait été dure, et que son corps méritait bien un peu de caféine.

Elle s'installa en face de lui, admirant toujours son enfant que la vie avait daigné lui rendre. Enfin. Il avait tellement fait de chemin sans elle, il était devenu si beau, si indépendant.

Sans elle.

Le brun croisa son regard sombre, un peu torturé, et malgré sa fatigue, il eut le bon sens de réagir. Attrapant la main de Simone dans la sienne, il la serra fort, sans pour autant lui faire mal, et lui sourit tendrement.

L'aînée lui rendit son sourire, avant de lui faire signe de manger.

Un doux silence s'installa, uniquement brisé par le bruit des couverts de Bill.

-Où est-il ?

Simone releva la tête de son propre café, inconsciente d'avoir baissé les yeux à un moment donné. Pendant un instant, elle douta du sens de la question, mais en voyant le regard déterminé du brun (qui était à présent un peu plus en phase avec lui-même), elle comprit tout de suite de quoi il s'agissait.

-Je ne sais pas, soupira-t-elle, Je ne sais jamais. Il part parfois, tôt, et ne rentre que le soir. Ca ne date pas d'aujourd'hui. Peut être est-il allé voir Andreas, ou même peut être Georg et Gustav. Mais je pense qu'il traine tout simplement. Il a besoin de réfléchir. Encore.

-Combien de temps encore ça va durer...

-Si seulement je le savais...


La mère et le fils eurent un soupir commun à la pensée du blond. Simone était désespérée d'un jour réussir à raisonner son fils, et Bill était complètement perdu par les réactions de son frère.

Mais ils ne pouvaient rien y faire.

La balle était dans le camp de Tom.

[...]

Il resserra sa veste autour de ses épaules, le vent se faisait un peu froid. Il se sentait étrange à porter ce vieux baggy retrouvé dans son armoire, ainsi que ce marcel qu'il ne portait qu'en vacances habituellement et ce sweet Kani qu'il avait acheté avec toutes ses économies quand il était encore jeune. Ces vêtements lui allaient encore, étonnamment.

Les vêtements sentaient un peu le renfermé, mais il s'en fichait pas mal. Il se sentait tellement à l'aise, tellement plus qu'avec les vêtements qu'il s'était habitué à porter depuis des années.

Son portable vibra contre sa cuisse. Il batailla à le récupérer dans l'une de ses nombreuses poches de son vieux baggy.

Adelphe

Son regard resta fixé sur le nom de l'appelant et il se figea. Ce matin, il était parti sans un mot, et il s'était enfui plutôt que d'avoir à recroiser le brun et de lui apporter des explications.

Comme pour le perturber encore plus, sa sonnerie se fit de plus en plus forte, et le vibreur s'intensifia dans la main.

Lentement, il approcha son pouce de la touche verte, et appuya avec hésitation dessus.

Il mit encore de longues secondes à porter le téléphone à son oreille. Il n'y avait pas de bruit de l'autre côté de la ligne. Juste une faible respiration qui se voulait silencieuse. Et Tom resta, l'oreille collé au téléphone, à écouter cette respiration qui affolait sans raison les battements de son c½ur.

-B... Newbirth ? murmura-t-il, comme s'il avait peur de briser quelque chose.

-Où es-tu ?

Le blond ne répondit, il fixait sa maison qu'il voyait du haut de la petit colline sur laquelle il se trouvait. Une ombre s'approchait lentement de la porte d'entrée, la main tenant fermement une valise qui semblait lourde. Il fronça des sourcils en devinant une silhouette féminine qui se trouvait sur le perron de sa maison.

On sonna. Tom l'entendit à travers le téléphone où Adelphe n'avait pas reformé d'autres questions, mais était resté à écouter, lui aussi, la respiration de son frère.

Quand brusquement, le brun raccrocha.

[...]

Simone ouvrit la porte de l'entrée, curieuse de savoir qui pouvait venir à l'heure du repas pour la voir.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle se retrouva face à une parfaite inconnue. Cette dernière releva doucement ses larges lunettes de soleil de sur l'arrête de son nez, pour les poser sur sa chevelure épaisse et blonde dont quelques boucles retombaient sur ses épaules dénudées. Elle avança une main parfaitement manucurée et chargée de bracelets en tout genre mais assemblés avec goût et classe vers Simone, le sourire poli aux lèvres, son regard bleu translucide observant avec minutie la pauvre femme qui n'avait aucune foutu idée de qui pouvait être cette jeune femme.

-Bonjour Madame. Je viens pour... euh, vous parlez anglais ?

Simone balbutia un petit peu, ne sachant pas trop quoi répondre. L'accent newyorkais de la jeune femme l'avait figée sur place. Elle ne venait pas pour la voir elle. Mais plutôt lui.

-Qui était-ce d...
LILY ?

La jeune femme blonde détourna son regard de Simone afin de le poser sur Adelphe qui s'était figé dans le couloir de l'entrée en la voyant. Elle eut un large sourire avant de s'avancer vers lui pour le prendre dans ses bras.

-Bonjour petit frère.




__*____*

__*

C h a p i t r e  N e u f_____________________________________ K a p i t e l  N e u n

# Posté le vendredi 14 août 2009 11:50

Modifié le vendredi 14 août 2009 12:36

C h a p i t r e D i x___________________________________________ K a p i t e l Z e h n

C h a p i t r e  D i x___________________________________________ K a p i t e l  Z e h n
__*

__*____*



Adelphe inspira et expira lentement plusieurs fois, les mains crispés sur le rebord du lavabo. Il sentait le regard perçant de Tom sur sa nuque. Le blond n'était rentré que depuis quelques minutes, n'avait pas salué Lily, et était immédiatement monté à l'étage, et à présent, il restait dans le couloir, face à la salle de bain, à fixer son frère d'un air presque accusateur. Mais il n'avait pas échangé un seul depuis que Tom l'avait trouvé dans la salle de bain à paniquer tout seul de la présence de sa s½ur. S'il pouvait encore l'appeler comme ça bien entendu, étant donné qu'elle n'avait finalement été que sa s½ur adoptive. A peine était-elle entrée, qu'il l'avait fui comme la peste. Simone s'occupait d'elle dans le salon, alors qu'il avait prétexté une envie pressante. Et à présent il devait subir les reproches silencieuses de Tom.
Il aurait tellement voulu s'enfoncer dans le sol et disparaitre. La présence de Lily ne présageait définitivement rien de bon. Son père devait être furieux de son départ précipité. Qui allait faire entrer de l'argent à sa place à présent ? Sans doute rageait-il que son fils lui ait échappé. Adelphe savait qu'il avait déjà raté un nombre incalculable de rendez vous, de photoshooting etc. Et il n'y avait rien qui pouvait faire plus enrager le patriarche Donaldson.

Adelphe trembla un instant en repensant au regard si froid de son paternel. Oh oui il avait peur de lui, surtout peur de ses réactions. Pourquoi avoir envoyé Lily qui était sûrement la plus occupée de la famille à cause de son statut de mannequin internationale à l'instar d'Adelphe, si ce n'est pire.

Il souffla à nouveau pour se donner du courage, prêt à descendre et affronter sa s½ur, pourtant ses mains restaient désespéramment accrochées aux rebords. Levant la tête, il croisa le regard noisette poser inlassablement sur lui depuis le début de son combat mental. Il tenta un sourire crispé par le stress qui ne lui fut pas rendu. Cependant il sentit le regard de Tom s'adoucir un peu, avant qu'il ne se détache du mur, pour repartir sans un mot vers sa chambre.

Adelphe soupira d'autant plus.

Quelle merde.

[...]

Lily eut un sourire envers Simone, presque un sourire d'excuse. Elle savait qu'elle venait clairement foutre la merde et elle savait que la femme s'en doutait fortement au vue du regard suspicieux qu'elle lui lançait de temps en temps, pensant ne pas être vu.

La blonde resserra sa prise sur la tasse de café qu'elle tenait en main. Elle se retenait depuis son arrivée de soupirer. Elle détestait à l'instant présent son père de l'avoir envoyé ici. Elle savait que ce n'était pas une bonne idée de venir ici, cependant...

-Vous avez un endroit où dormir ?

Lily resta interdite. Elle n'avait jamais réussi à vraiment comprendre l'allemand contrairement à son frère. L'anglais lui suffisait bien, le français très rapidement, et l'espagnol dans la mesure du possible. Mais l'allemand était une réelle catastrophe. Ce n'était pas faute d'avoir essayé avec Adelphe d'apprendre la langue de Goethe, mais rien n'y avait fait.

-Je suis désolée, je ne comprends vraiment pas l'allemand...

Simone la regarda avec un peu de désespoir, mais elle fit l'effort de s'adresser à elle en anglais.

-Avez-vous un lieu pour dormir cette nuit ?

-Oh euh... balbutia Lily, incertaine. Bien sûr que non elle n'y avait pas pensé, elle envisageait de repartir directement avec Adelphe après son petit speech, car tous les deux savaient très bien qu'ils n'avaient pas vraiment le choix.

-Vous pouvez loger ici le temps qu'il faut, proposa Simone. C'était totalement hypocrite car sa seule envie était que la jeune femme blonde retourne d'où elle venait seule et au plus vite. Elle n'avait pas le droit de vouloir lui retirer de nouveau son fils.

Le modèle baissa la tête en discernant les reproches et la méfiance dans les yeux de Simone. Elle pouvait la comprendre, elle devait avoir le statut de monstre à venir lui retirer le fils qu'elle avait déjà perdu une fois à cause de l'égoïsme de son père.

Mais elle tenait ce trait de son père, et n'était pas prête à rentrer les mains vides à New York.

Elle était plongée dans ses pensées quand le jeune brun fit son entrée. Il se racla difficilement la gorge pour signaler sa présence dans le salon. Les deux femmes se tournèrent d'un même mouvement vers lui, et il ne put s'empêcher de rougir légèrement.

-Salut...

Lily reprit son air assuré, et se leva, posant sa tasse sur la table basse, et s'approcha d'Adelphe pour le reprendre dans ses bras.

Celui-ci soupira.

-Lily, tu n'aurais pas du venir.

-Tu imagines bien que je n'ai pas eu le choix.

-Tu aurais du refuser.

-Depuis quand on refuse quelque chose à notre père ?

-Ton père.

-Adelphe...
le gronda-t-elle gentiment. Elle pouvait imaginer comprendre sa position, mais ce n'était pas son rôle de le comprendre. Juste de le ramener.

-Lily, tu as toujours été la plus cool avec moi, alors s'il te plait, comprends moi et retourne à New York.

Elle soupira. Ca allait être bien plus compliqué que prévu. Il ne comprenait pas. Elle allait devoir tout lui expliquer. Après tout, il ne savait pas, il ne pouvait forcément pas comprendre.

-Adelphe...

-C'est Bill mon prénom.

-Ne me dis pas que tu arrives à te persuader de ça ?

-C'est la réalité c'est tout.

-BREF. Adelphe, ne joue pas sur les mots s'il te plait, je n'ai pas le temps de jouer.

-Tu crois que c'est un jeu Lily ?! Tu étais au courant de tout ça hein ? Tu savais tout ça.

-Et j'étais bien la seule. Avec papa bien entendu.

Il se détacha des maigres bras de sa s½ur. C'était trop compliqué tout ça. Même elle lui avait mentit. Pourtant elle avait toujours été la plus conciliante avec lui, la plus agréable. Bien entendu ce n'était pas vraiment difficile vu que le reste de la famille semblait le considérer comme un étranger (ce qui n'était pas étonnant maintenant qu'il y pensait vu qu'il avait été toute sa vie un étranger dans sa famille adoptive).

-Adelphe, assis toi donc, je pense qu'on a besoin de discuter un peu tous les deux.

Il leva les yeux au ciel, mais prit tout de même place auprès de sa s½ur. Il n'avait aucun envie de parler. Strictement aucune envie. Il savait ce qu'il allait entendre. Que c'était le bordel dans la famille depuis qu'il était parti. Que maman s'inquiétait. Que les autres se posaient des questions. Que le public l'attendait aussi. Que la presse à scandale s'en donnait à c½ur joie. Que sa côté de popularité chutait.

Mais il se fichait tellement de tout ça.

-Tu manques à Maman tu sais.

Et voilà. Il soupira. Toujours les mêmes histoires. Quand il partait, et mettait trop de temps à revenir, Lily était toujours l'ambassadrice de son père pour le ramener, et c'était toujours les mêmes arguments.

-Je suis sérieuse cette fois Adelphe. Elle n'a peut être jamais été très maternelle avec toi, mais c'est juste qu'elle était malheureuse.

-Pourquoi malheureuse ? Etre Madame Donaldson est pourtant une place convoitée.


Lily secoua la tête. Décidément ce gosse ne comprenait rien. Elle allait devoir tout expliquer. L'histoire de l'influente famille Donaldson...

-Tu sais, Adelphe Donaldson a réellement existé.

Il releva la tête presque trop violemment. Son c½ur avait pendant un instant cessé de battre et avait repris tellement vite que ça lui faisait mal.

-Pardon ?

Lily eut un regard triste d'un coup. Jamais il ne voyait Lily triste. Du moins elle ne le montrait jamais. Elle tenait trop de leur père pour ça. Enfin, elle tenait trop de son père pour ça.

-Il était mignon comme tout. Mais il était tellement peu bavard. Je suis la seule à l'avoir vraiment connu. Les autres sont trop jeunes pour réellement s'en souvenir.

-Tu veux dire... que j'ai volé l'identité de quelqu'un d'autre ?

-Plus ou moins...
avoua-t-elle d'un murmure sans osé le regarder dans les yeux. Elle était bien heureuse que Simone ne soit plus dans la pièce, car avouer toute l'histoire à Adelphe qui était le personnage principal de ce récit tordu était plus que difficile. En fait, reprit-elle, Adelphe avait ton âge. Il est né le 11 septembre 1989. Tout comme tu es censée l'être officiellement. Sauf que lui est mort le 11 septembre 2001. Contrairement à toi.

Adelphe déglutit. Ce n'était pas la première fois qu'il sentait qu'on lui reprochait sa survie au contraire d'autres personnes, mais il savait que Lily n'avait pas voulu avoir un ton dur en le disant, et cette spontanéité le glaça quelque peu. Il se sentit mal. Non seulement il avait usurpé la place du frère de Lily, mais il lui semblait presque qu'il lui avait volé sa vie en survivant à sa place.


-Désolé... Je ne voulais pas être aussi dure en disant ça.

Il haussa les épaules, faisant mine d'y être indifférent, mais Lily n'était pas dupe, cependant, elle n'alla pas plus loin, et continua de préférence son récit.

-Je m'en souviens comme si c'était hier. Papa avait voulu l'emmener prendre son petit déjeuner au restaurant des tours. Puis il avait eu un appel important, laissant son fils sous la bonne garde de notre nourrice. Pauvre nounou... Il est descendu et a simplement traversé la rue pour voir son collègue qui était installé à la terrasse du café d'en face.

Elle s'arrêta, essayant de se remémorer les mots de son père. Elle était restée tranquillement à la maison ce jour là, ayant une angine qui l'avait cloué au lit plutôt que d'accompagner son petit frère pour son anniversaire.

Si elle avait su qu'une angine lui aurait sauvé la vie...

Elle soupira une nouvelle fois, ses pensées se bousculant dans sa tête. Adelphe n'avait pas l'air d'aller mieux, il semblait complètement perturbé par l'existence de cet autre Adelphe qu'il n'avait jamais connu.

-Et puis tu connais la suite, après tout tu y étais...

-Je ne me souviens pas de ce qu'il s'est passé Lily tu le sais très bien...

-Bah c'est pas bien compliqué, le premier avion a percuté la tour Nord et papa n'a pas pu retourné à l'intérieur. C'était déjà trop tard.


Elle regarda un instant Adelphe avec de petits yeux tristes. Elle se souvenait encore de lui, dans son lit d'hôpital, plâtré à différents endroits, le corps plein d'ecchymoses, une partie des cheveux arrachés, certains brûlés et même d'autres rasés pour laisser apparaître les points de suture présent sur son crâne, ainsi que son nez venant juste d'être opéré dans le plus grand secret qui se trouvait bandé aussi.

-Papa a été blessé par des débris, ils l'ont donc pris rapidement à l'hôpital. Il était fou d'après les médecins, il hurlait sur les infirmiers pour savoir où était son fils... jusqu'à ce que l'un d'entre eux lui signale la présence d'un enfant du même âge correspondant à la description. Brun, frêle, plutôt grand pour âge. Il m'a dit que lorsqu'il t'avait vu il avait fondu en larmes. Il savait que tu n'étais pas Adelphe. Il savait qu'Adelphe était déjà mort. Mais il a nié l'évidence et s'est présenté comme étant ton père. Les médecins n'ont pas posé de question, après tout, c'était le bordel complet dans les services d'urgence...

Adelphe resta bouche bée. Imaginer le patriarche Donaldson pleurer était au-delà de ce que son imagination pouvait fournir. Cet homme semblait tellement froid, tellement intouchable qu'il lui semblait impossible qu'il puisse ressentir la moindre émotion autre que la colère et le mépris. Il sourit tristement en se disant que Simone et lui avait du ressentir le même désespoir et le même espoir en voyant la possibilité de retrouver son enfant. Sauf que son père adoptif avait volé l'enfant d'un autre par égoïsme.

-Je pense qu'il l'a fait pour Maman. Elle ne se serait jamais remise de la mort d'Adelphe. Mais je pense qu'elle s'en doutait. Papa a inventé des excuses invraisemblables pour justifier la différence physique qu'il y avait entre lui et toi. Tu lui ressembles oui, mais tu n'es pas lui, et Maman le sait je pense. Mais Papa ne lui a pas vraiment laissé le choix. Il a demandé à ce que tu subisses quelques opérations chirurgicales afin que la ressemblance soit plus frappante. Tu étais devenu son fils de substitution d'une certaine façon. Bien entendu, il a bien fallu que tu découvres que quelque chose clochait. Papa a préféré te dire que tu avais été adopté. Mais il ne voulait pas t'aider à retrouver ta famille. Ca aurait été avoué ce qu'il a fait. Et il a toujours refusé d'admettre que tu n'étais réellement pas Adelphe. Pardonne lui. Même si c'est dur.

Adelphe sentait que sa tête lui tournait. Pire, il en avait des nausées tellement il se sentait mal d'avoir entendu tout ça. Il revoyait Tom le mettre face au miroir, à ses côtés. Il le revoyait inspecter minutieusement son visage, l'air pâle et paniqué. Il revoyait son soupir, de soulagement ou de déception, il n'avait jamais su. Tom avait eu un doute. Sauf que leur ressemblance n'était plus aussi parfaite qu'avant. Il savait déjà pour les opérations. Mais savoir qu'on avait tenté de lui donner l'apparence d'un autre le faisait frissonner de dégoût.

Il dévisagea sa s½ur qui n'osait même pas le regarder.

Il manquait d'air.

[...]

Le plafond n'était pourtant pas si passionnant. Alors pourquoi n'arrivait-il pas à détacher son regard de celui-ci ? Il entortilla nerveusement une de ses mèches blondes entre ses doigts. Adelphe, Bill, Bill, Adelphe. Tout s'embrouillait dans sa tête, et rien ne l'aidait à voir plus clair. Qui était qui ? Qui aimait-il ? Qui voulait-il voir exister ?
Adelphe était trop différent du petit garçon innocent qu'il avait aimé nommé Bill Kaulitz. Adelphe n'avait pas sa douce voix, Adelphe n'avait son doux sourire, Adelphe n'avait pas son petit rire cristallin, Adelphe n'avait pas ses yeux clairs et lumineux. Adelphe était sombre, Adelphe avait sale caractère, et Adelphe n'était pas doux.

Mais il avait laissé Adelphe l'aimer. Adelphe lui avait rendu le sourire. Adelphe l'avait rendu un peu con. Adelphe lui avait fait oublier Bill.

Alors il ne savait plus quoi penser. Il ne pouvait pas mélanger les deux. L'un lui avait fait oublier l'autre. Cet autre à cause de qui, il repoussait le premier.

Adelphe, Bill, Bill, Adelphe.

Ou les deux.

[...]

Il se pencha encore une fois au dessus de la cuvette, sentant l'acide lui brûler la gorge. De grosses larmes échappaient de ses yeux, lui brûlant la peau, pour s'échapper dans le vide, et finir leur course à terre ou sur les toilettes. Son ventre lui faisait horriblement mal, et sa gorge lui faisait tellement mal qu'il aurait préféré qu'on lui arrache plutôt que cela. Son estomac se contractait par à-coup, ne lui laissant aucun répit, et il tentait désespérément de maintenir ses cheveux contre sa nuque alors l'une de mes mains massait son ventre, dans l'espoir de le soulager.

Un petit courant terre, le fit sursauter, mais il garda la tête vers le bas, de nouveau pris d'une nouvelle nausée. Une main se glissa doucement dans son cou, et remonta pour tenir ses longs cheveux afin de les protéger. Une autre se glissa contre son dos, et lui caressa doucement, faisant de petits ronds rassurants pour calmer les tremblements que le brun n'avait même pas conscience d'avoir.

Il gémit alors que pour la dernière fois, son estomac lui fit part de son caprice. Son sentiment de nausée se calma alors qu'il sentait une odeur rassurante autour de lui.

-Calme toi Bill je suis là...

Il ferma les yeux, se laissant rassurer par la douce voix de son blond.

Tom était venu vers lui.




__*____*

__*

# Posté le lundi 17 août 2009 18:57

Modifié le lundi 17 août 2009 20:19